La réflexion avant la compétition

Avant que le sport soit à l’honneur, les 1ers Outgames s’intéressent d’abord aux droits humains des communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres.
Photo: Agence France-Presse (photo) Avant que le sport soit à l’honneur, les 1ers Outgames s’intéressent d’abord aux droits humains des communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres.

La frénésie commence à se faire sentir dans la métropole: les 1ers Outgames mondiaux s'y tiendront du 26 juillet au 5 août. En plus de mettre le sport à l'honneur, les jeux s'intéresseront aux droits humains des communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres, un terme qui inclut les transsexuels et les travestis (LGBT). Des participants d'horizons très différents de tous les continents seront réunis pour faire le bilan de la situation et de l'évolution des droits de cette minorité dans les différentes régions du monde.

Il est assez courant d'entendre parler d'homophobie lors d'un événement sportif gai, mais les Outgames se démarquent par l'ampleur qu'a pris son volet conférences. L'événement accueillera 2000 participants de partout à travers le monde.

«Si on a créé des jeux gais, c'est parce que le sport est un milieu macho et les homosexuels ont, depuis toujours, été ostracisés dans les vestiaires. C'est donc assez naturel de parler des droits des gais lors de tels événements. Pourtant ce sera la première fois que l'aspect droits humains sera à ce point intégré aux jeux et qu'autant de conférenciers internationaux seront présents», affirme la directrice générale des 1ers Outgames mondiaux, Louise Roy.

Bilan mondial

La Conférence internationale sur les droits humains des LGBT recevra des juges, des chercheurs et des sommités qui ont appuyé l'évolution des droits humains, mais également des organismes activistes gais. Plus de 110 pays seront représentés.

«C'est certain que, dans beaucoup de pays industrialisés comme les Pays-Bas, les pays scandinaves et le Canada, les gais ont acquis l'égalité des droits, mais l'évolution n'est pas la même au Japon, par exemple. Et qu'est-ce qui se passe en Tanzanie, en Inde, au Pakistan? Ce sont toutes des questions que nous nous poserons pour faire état de la situation», explique Mme Roy.

Les conférenciers ne passeront pas sous silence le fait que, dans certains pays, les gais n'ont pratiquement aucun droit. «On doit dire à l'ensemble de la planète qu'il y a encore, en 2006, plusieurs pays dans le monde où c'est criminel d'être gai, où la sodomie est toujours illégale, où les gais se font tuer en raison de leur orientation sexuelle», poursuit-elle.

Après les quatre jours de conférence, la «Déclaration de Montréal», composée des griefs de la communauté LGBT internationale concernant ses droits humains et ses revendications, sera lue par la championne de tennis Martina Navratilova et le médaillé olympique canadien Mark Tewksbury. Ensuite, le texte sera acheminé à l'Organisation des Nations unies (ONU).

Une bonne réception

À en juger par le nombre et le haut calibre des gens qui ont accepté de participer à la conférence, Louise Roy est convaincue qu'il y avait un grand besoin dans le monde de faire le point sur les droits des LGBT. «Je crois que le moment est bien choisi pour faire ce genre de bilan avec, d'un côté, une masse critique de pays qui ont autorisé le mariage entre conjoints de même sexe et, de l'autre, la montée de la droite religieuse dans plusieurs pays qui nuit à l'évolution des droits des LGBT», remarque la directrice générale.

Pour faire écho aux travaux de la Conférence sur les différents continents, les organisateurs des Outgames pourront compter sur un bon réseau de partenaires internationaux dans le monde de l'information. «Déjà 300 personnes des médias gais d'un peu partout dans le monde ont confirmé leur présence. À Montréal, nous avons aussi une bonne collaboration des médias locaux traditionnels. De plus, de grands médias de plusieurs autres villes comme Amsterdam, Berlin, Sydney, Manchester et Copenhague, qui accueillera les prochains Outgames, seront présents, tout comme les principales agences de presse», soutient Mme Roy.

Cérémonie d'ouverture

Après la fin des travaux de la conférence et la lecture de la Déclaration, le coup d'envoi officiel des 1ers Outgames mondiaux sera donné avec la cérémonie d'ouverture, présentée devant une foule de 45 000 personnes rassemblées au stade olympique. L'événement, qui sera retransmis sur les ondes de Radio-Canada, réunira plusieurs artistes dont Diane Dufresne, Sylvie Desgroseillers, k.d. lang, Jonas, Deborah Cox, Liza Minelli, Marjo, Marie-Chantale Toupin et Mélanie Renaud. Le Cirque du Soleil sera également de la fête.

«Ce sera très touchant pour la communauté LGBT de Montréal de voir tous ces artistes, politiciens et sportifs, gais ou hétérosexuels, réunis pour célébrer la diversité», conclut Mme Roy, convaincue que les Outgames donneront la chance à Montréal d'affirmer pleinement son leadership mondial en ce qui a trait à l'évolution des droits des gais.

Collaboratrice du Devoir