Avancez en arrière !

Source: Éditions pratico-pratiques
Photo: Source: Éditions pratico-pratiques

Aux premiers beaux jours, avant même d'ouvrir les fenêtres pour enfin aérer cette maison où abondent les effluves de l'hiver, il vient un rêve: celui de la cour fleurie. Mais le travail ne se fait pas sans peine. Et avant de jouer dans le terreau, il faut mettre en plan un aménagement...

Comme des tulipes dans un parterre, ils font surface dans les étalages des supermarchés, des quincailleries et des centres de rénovation de toute nature. Ce «ils», ce sont les magazines spécialisés qui prodiguent conseils et solutions pratiques. Un dernier en date sera ce Je crée des boîtes à fleurs, un autre produit des Éditions pratico-pratiques qui s'ajoute, entre autres, à des Je jardine, Je fabrique, Je décore. Ici, comme pour toutes ces publications de saison, s'allient belles images, modes d'emploi et conseils pratiques qui donnent l'illusion qu'il suffit de donner un peu de son temps pour que le miracle se produise: une cour ou un parterre qui feront l'envie de tous.

Sorti de la zone des achats quotidiens, le jardinier en herbe ne sera toutefois pas au bout de ses peines s'il s'avère qu'il fréquente par la suite une librairie, car qui ne s'attarde pas dans ces rayonnages où défilent autant les Villa d'Este de ce monde que des ouvrages cartonnés où photos et schémas se succèdent?

Pour l'amateur de jardins, Pavillons de jardin est un ouvrage de consultation: de belles photos d'abord, avant d'arriver à la partie aride, celle qui, plan après plan, convainc qu'un garde-corps ou un «aisselier» (raidisseur d'angle) ne se construit pas par le fait de la seule magie. Car il y a loin de l'image à l'objet construit.

Tour de cour

C'est le printemps donc. Et on peut rêver. En avril toutefois l'activité est restreinte. Après le déchaumage des pelouses et l'inévitable ramassage de ces feuilles oubliées à l'automne, il faut attendre que cesse la période de dégel. Bientôt mai et, pour qui habite en des lieux plus nordiques (ces zones où un petit «c» ou «d» s'accole au 4), ce sera un lointain juin avant que soit venu le temps de passer à l'action: celui où il fait bon, avant les courbatures, creuser, retourner la terre, transplanter ou mettre en boîtes ce qui fera le décor d'un trop bref été québécois.

En avril, on rêve donc. On est aussi chaland. Tout est possible, jusqu'à l'achat final. Il suffit toutefois de garder en mémoire qu'une graine semée ne garantit point une floraison et qu'un bon mélange de terre n'est garanti de succès que si les sols et le climat conviennent: les palmiers au Québec ne poussent qu'en serre!

Pourtant, même le plus paresseux d'entre nous se permettra de fréquenter un jardin d'images; à cela servent livres et revues. Et qui rate ses plantations pourra toujours adopter en guise de cour intérieure un jardin botanique public ou une réalisation spectaculaire comme celui de Métis. À moins qu'il ne préfère se lancer sur les routes et faire siens tous les jardins du monde.

***

Je crée des boîtes à fleurs

Éditions pratico-pratiques

Sainte-Foy, 2006, 64 pages

***

Pavillons de jardin

Traduit de l'américain par Jacques Vaillancourt

Éditions de l'Homme

Montréal, 2006, 159 pages