Visite guidée du Montréal de Pierre Bourque

Relégué au rôle de chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville de Montréal depuis le 4 novembre dernier, Pierre Bourque a senti le besoin de faire le bilan de sa vie, particulièrement celui de ses sept années passées au pouvoir. Dans Ma passion pour Montréal, un livre qu'il vient de publier chez Méridien, Pierre Bourque a pris bien soin d'éviter tout sujet de polémique, visiblement peu désireux de créer des vagues. Il a préféré faire un récit flatteur de son passage à la mairie, assorti d'une visite guidée des arrondissements de l'ancienne Ville de Montréal.

Se qualifiant lui-même de «politicien non traditionnel», Pierre Bourque a voulu apporter un éclairage nouveau sur sa personne («On a tellement dit et écrit qu'on me connaissait mal ou peu!», écrit-il) en passant en revue son enfance, ses années au Jardin botanique et son passage à la mairie de 1994 à 2001.

Dans sa préface, l'ex-maire signale qu'«on n'y trouvera pas de sujet à polémiques» et il se garde bien d'égratigner qui que ce soit sérieusement. À de rares occasions, il évoque son prédécesseur, Jean Doré, lui reprochant notamment d'avoir laissé en héritage une dette de 100 millions de dollars, mais il n'a visiblement pas envie de profiter de ce livre pour régler des comptes. Les épisodes difficiles de son règne sont furtivement racontés. Par exemple, il ne consacre qu'un paragraphe à la désertion de plusieurs conseillers municipaux de son équipe en 1996 et 1997.

En revanche, il n'hésite pas à souligner en termes élogieux les interventions de son administration tout au long de l'ouvrage. Pour chacun des neuf quartiers montréalais qu'il décrit, il fait un bref rappel historique, décrit les principales caractéristiques, énumère les actions entreprises par son administration en agrémentant le récit de souvenirs personnels et d'anecdotes.

Le lecteur fera bien peu de découvertes si ce n'est quelques informations inédites évoquées ici et là. Ainsi, en 1998, alors que les citoyens du quartier Plateau Mont-Royal se mobilisent contre l'implantation d'un Loblaws sur les terrains désaffectés au nord du parc Laurier, Pierre Bourque apprend des services municipaux qu'aucun véritable projet n'a été déposé. Peu après, il reçoit un appel d'un haut-dirigeant de Provigo (un concurrent de Loblaws à cette époque) qui lui dit de ne pas s'en faire «car c'est lui qui finance les groupes de pression pour ne pas laisser le champ libre à Loblaws». Le projet n'a pas vu le jour, «puisque inexistant» et s'est avéré un «vaste canular», au dire de l'ex-maire.

Mais Pierre Bourque choisit ses anecdotes et passe sous silence plusieurs décisions controversées qu'il a prises pendant son mandat comme la disparition du Bureau de consultation de Montréal qu'il avait remplacé par la Commission de développement urbain, un organisme vivement critiqué pour son manque de crédibilité et d'indépendance.