Phénix Notre-Dame - La vie des gens riches et urbains

Le Phénix Notre-Dame, un projet immobilier de 18 étages situé au carrefour du Vieux-Montréal, du Quartier international et de la Cité du multimédia, a finalement vu le jour. Sans difficulté, la soixantaine d'appartements de la rue Notre-Dame ont trouvé preneurs. Tour du propriétaire d'un projet qui a remporté le prix «Prestige haut de gamme» lors du dernier Gala Habitation.

«Notre concept se divise en deux types d'appartement», explique le président et responsable du développement pour le Groupe Daca, Bertrand LeBoeuf. Le projet se découpe donc en autant de sections. Les appartements des six premiers étages possèdent une architecture qui se marie au style caractérisant la rue Notre-Dame du Vieux-Montréal. Des pierres de taille tapissent le dehors.

Pour sa part, la seconde section s'inspire d'une architecture moderne. Un bref coup d'oeil permet d'observer la flagrante démarcation qui caractérise le projet. À partir du sixième étage, l'édifice revêt un aspect moderne qui s'harmonise au Quartier international. La partie supérieure de l'immeuble offre une fenestration du plancher au plafond avec vue panoramique dans la majorité des unités.

«C'est carrément d'une tour de verre dont il s'agit. Les gens qui vivent là ont ce qu'on appelle des murs-rideaux», indique le promoteur.

Grandes surfaces

Le défi que s'était fixé le promoteur était justement de réussir à agencer les différentes tendances architecturales qui caractérisent les deux quartiers dans lesquels le Phénix a pris forme. «On a fait un mélange des deux, ce qui rejoint notre volonté, mais également celle de la Ville de Montréal», note-t-il.

Cette volonté se ressent dans le design intérieur des appartements. Ceux du haut détiennent de plus grandes superficies: entre 1500 et 5000 pi2. Tandis que les appartements du bas varient de 900 à 2000 pi2 environ. Le promoteur souligne qu'il s'agit d'appartements de style loft. «Par style "loft", j'entends le fait que les plafonds sont plus hauts. Au lieu d'être à neuf pieds de hauteur, ils atteignent 11 pieds. De plus, les appartements sont à aire ouverte, plus qu'à l'intérieur des appartements plus modernes», précise-t-il.

Comme c'est le cas de la majorité des projets immobiliers extrêmement luxueux qui s'implantent au coeur même de la métropole, deux types de clientèle s'y intéressent. Il y a tout d'abord les baby-boomers qui «n'ont plus d'enfants à la maison et désirent se rapprocher des attractions de la ville; ou qui veulent avoir un pied-à-terre dans la ville parce qu'ils ont déjà d'autres propriétés». L'autre clientèle, on s'en doute, sont les jeunes professionnels, «plus urbains», qui travaillent dans le centre-ville et désirent éviter les bouchons de circulation.

Les nombreux services et les caractéristiques luxueuses foisonnent: stationnement intérieur avec entrée et sortie surveillées, piscine intérieure, centre de conditionnement de pointe, grandes terrasses extérieures, climatisation centrale, planchers de bois franc et de céramique.

Au coeur des activités culturelles

Situé au carrefour du Quartier international, du Vieux-Montréal et de la Cité du multimédia, le Phénix se retrouve du même coup au centre des activités culturelles de Montréal: théâtres, salles de spectacle ainsi que de nombreux musées adjacents. «Un atout certain», note M. LeBoeuf.

De plus, la position géographique spécifique du Phénix est idéale puisque l'immeuble, situé à quelques enjambées seulement des limites légales du Vieux-Montréal, fait partie intégrante du quartier sans pour autant en subir les contraintes légales au moment de la construction du projet.

Le promoteur ne cache pas cet avantage: «La vraie limite du Vieux-Montréal, c'est la rue Saint-Henri. Le fait de sortir de cette limite nous a permis d'avoir de la "surhauteur", c'est-à-dire de bâtir au-delà de sept étages, ce qui est impossible dans le Vieux-Montréal.»

Par ailleurs, sa proximité avec le quartier historique le contraint à se conformer aux normes établies par le gouvernement québécois et la municipalité. «On a besoin de leur approbation pour obtenir le permis», précise-t-il.

Analyse du marché

Le Vieux-Montréal n'en est pas à son premier projet immobilier du genre. Au cours des dernières années, le quartier historique a accueilli de nombreux nouveaux édifices. Même si le Phénix n'a eu aucun problème à écouler ses condominiums, le promoteur admet que la demande est aujourd'hui moins grande qu'il y a quelques années.

«Je crois qu'il y a actuellement une stabilisation de la demande. À mon avis, il y avait un gros manque dans le marché depuis plusieurs années, particulièrement dans le Vieux-Montréal», souligne-t-il, rappelant que la Société centrale d'hypothèque et de logement (SCHL) avançait, il y a quelques années à peine, un taux de vacances en deçà de 1 %.

M. LeBoeuf avoue que les dernières années ont été marquées par une envolée des prix, aussi bien sur le plan des résidences que sur celui des matériaux nécessaires à la construction. «On a eu des augmentations faramineuses depuis trois ou quatre ans, mais cela va se stabiliser. En partie parce qu'il y a un peu moins de demande et qu'il y a plus d'offre... ça, c'est l'économie. Un cycle économique parmi d'autres», lance-t-il.

Le Groupe Daca n'en est pas à sa première réalisation dans le Vieux-Montréal. Récemment, l'entreprise a terminé la réalisation des suites Springhill de la chaîne d'hôtels Mariott: un projet de 20 millions de dollars qui comprenaient 124 suites avec salles de réunion et 115 stationnements intérieurs. Deux autres hôtels seront bientôt construits par le Groupe Daca, l'un à Montréal et un deuxième dans le sud de la Floride. Pour l'instant, aucun autre projet n'est prévu dans le quartier historique.

Fiche technique

- 68 condominiums

- Superficie des unités: 900 à 5000 pi2

- Prix variant de 247 000 $ à plus de 750 000 $

- Façades en pierre de taille pour les six premiers étages

- Structure vitrée du 6e au 18e étage

- Livraison commencée en août 2005

Collaborateur du Devoir