Vu de la route: Des mythes et réalités de la traction intégrale

Avant de s'équiper d'un nouveau modèle, un automobiliste devrait savoir que déjà la présence de quatre pneus à neige améliore joyeusement les conditions de conduite hivernale. Et il n'est pas nécessaire de rouler dans un énorme VUS pour être en sécurité...

Nous sommes au coeur de l'hiver et, malgré les redoux récents, vous avez sans doute été confronté à quelques dérapages indésirables. Peut-être avez-vous alors songé à opter pour un prochain véhicule plus performant en situation de chaussée glissante. De nos jours, le choix est vaste quand on parle de traction. En plus des traditionnelles roues motrices avant et arrière, on retrouve maintenant de plus de plus de véhicules dits à traction intégrale et il est parfois difficile de s'y retrouver dans la nouvelle panoplie des modes de propulsion. Petit survol des principaux produits et analyse critique.

Le grand classique: les roues motrices arrière

Bien des amateurs de conduite automobile ne jurent que par les roues motrices arrière. Et force est de reconnaître que le pilotage d'une propulsion est particulièrement agréable, notamment parce qu'on peut contrôler le niveau de traction (ou de dérapage...) du train arrière en jouant de l'accélérateur. Une bonne partie des véhicules sport ou haut de gamme sont entraînés par des roues motrices arrière.

L'approche rationnelle: les roues motrices avant

Au départ, les véhicules à roues motrices avant ont été créés pour augmenter l'espace utile à l'intérieur de l'habitacle. En effet, étant donné que toutes les pièces mécaniques sont sous le capot, ces véhicules ont un plancher plat (sans la «bosse» typique des propulsions au milieu du plancher).

À part le gain d'espace utile, le principal avantage des roues motrices avant, c'est la traction dans la neige à basse vitesse. Le poids du moteur, situé entre les roues motrices, augmente la motricité et on peut plus facilement «sortir du banc de neige».

Une nouvelle tendance: la traction intégrale

Les véhicules à quatre roues motrices (4RM) sont de plus en plus à la mode. On les appelle parfois aussi «à traction intégrale». Ces véhicules se caractérisent par le fait que la puissance du moteur peut être transmise à toutes les roues, et non pas seulement aux roues avant ou arrière.

Certains de ces modèles fonctionnent en mode 4RM de façon permanente. D'autres fonctionnent principalement en mode traction, mais peuvent aussi transmettre la puissance aux roues arrière lorsque les capteurs détectent un dérapage. D'autres encore font varier constamment la puissance d'un jeu de roues à l'autre en fonction des conditions routières.

L'avantage des véhicules est évidemment de procurer une traction optimale en situations difficiles, notamment sur la neige et dans le gravier. Mais cet avantage a un prix.

Comme le soulignent avec raison les écologistes et nos collègues de ces pages, les gros véhicules utilitaires sport (VUS) à 4RM sont, dans la très grande majorité des cas, parfaitement inutiles, polluants et excessivement énergivores.

Restent les petits VUS et les automobiles de taille normale à 4RM. Ces véhicules offrent des avantages réels dans certaines situations, mais il faut préciser qu'ils coûtent souvent passablement plus cher, qu'ils consomment plus d'essence et qu'ils sont susceptibles de coûter plus cher en frais d'entretien (à cause de leur complexité supérieure). C'est pourquoi il faut se demander si on en a vraiment besoin.

Même si cela peut sembler évident, il est important de souligner que le mode de propulsion n'offre absolument aucun avantage quand vient le moment de freiner ou de négocier une courbe où l'on roule trop vite.

Sur l'asphalte, sec ou mouillé, le mode de propulsion a un impact limité. En pareil cas, un véhicule à 4RM n'offrira généralement aucun avantage perceptible.

De même, aux vitesses de croisière normales, les 4RM auront peu d'impact, sauf dans la neige épaisse où ils permettent de garder le cap plus facilement.

Par contre, pour monter la longue côte enneigée ou glacée qui mène à votre chalet, pour sortir d'un stationnement sans pelleter après une tempête, pour circuler dans un chemin de gravier boueux, les véhicules 4RM offrent un avantage certain.

En fait, en simplifiant un peu, on peut considérer que les véhicules à 4RM sont surtout utiles pour les manoeuvres à très basse vitesse sur terrain glissant, et pour garder le cap plus facilement en vitesse de croisière sur des routes fortement enneigées.

Il y a d'autres solutions...

Si vous trouvez que votre véhicule actuel dérape trop facilement, regardez d'abord du côté des pneus. Si vous n'avez jamais utilisé de vrais bons pneus d'hiver, vous serez surpris du gain d'efficacité qu'ils peuvent générer.

En ce qui concerne le manque de motricité des propulsions à basse vitesse, vous pouvez essayer un truc simple: ajoutez un poids d'une cinquantaine de kilos dans le coffre arrière (des sacs de sable, par exemple). Encore là, vous verrez une amélioration appréciable, surtout avec de bons pneus.

On pourrait élaborer longuement sur les différents modes de fonctionnement des systèmes à 4RM car certains sont nettement plus efficaces que d'autres. Mais notre propos était surtout de contrecarrer un peu l'effet de mode qui entoure ces modèles.

À notre avis, il faut se demander combien de temps chaque année votre éventuel véhicule à 4RM serait soit indispensable, soit réellement utile. Autrement dit, est-ce que ça vaut la peine de payer plus cher à l'achat et en frais d'entretien, de consommer plus d'essence et de polluer plus à l'année longue pour quelques minutes ou quelques heures d'avantages par année? À vous de répondre en fonction de votre situation propre.

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5 commentaires
  • Mike Lightfinger - Inscrit 24 janvier 2009 18 h 11

    as-tu deja conduit un 4Rm?

    c'Est n'importe quoi ce que tu dit appropos des 4RM j'ai un Subaru Legacy 07 touring je fais 7-8 litre au 100 l'été et un litre de plus l'hiver les routes du québec sont tellement défoncer qu'a la moindre petite pluie deux beau sillons se forme et je sens la différence... juste pour partir d'un coin de rue été comme hiver c'est un gros +

    pour lire n'importe quoi lisez le devoir!

  • Max sigma - Inscrit 7 décembre 2009 12 h 22

    Pour répondre à la question

    Pour répondre à votre question:
    "Est-ce que ça vaut la peine de payer plus cher à l'achat et en frais d'entretien, de consommer plus d'essence et de polluer plus à l'année longue pour quelques minutes ou quelques heures d'avantages par année?"
    Ma réponse: Oui! si ça peut vous sauver la vie....
    Après 3 dérapage dans la neige à basse vitesse dont une perte totale je ne regretterai jamais ma subaru!
    Bye Max

  • graingrano - Inscrit 6 janvier 2010 15 h 43

    4RM... du gros luxe!

    une traction... c'est bien suffisant!... Gardez donc votre fric pour une meilleure hygiène de vie!...

    Je conduis une Jetta 2009 2.5, 5 cylindres, 5 vitesses et dans la neige avec de bons pneus je file le parfait bonheur!

    Un truc pour ne pas déraper?... levez le pied de votre accélérateur!

  • jacques bisson - Inscrit 20 février 2011 11 h 51

    4RM (ou TI) incontournable ?

    Je rejoins parfaitement les conclusions de votre article. J'ai conduis une multitude de véhicules au cour des 40 dernièeres années (incluant des 4RM et des TI). Je me rappelle surtout l'époque ou je profitais des tempêtes hivernales pour sortir faire un tour, histoire de rentabiliser mon investissement...En dehors de ça, je passe en revue toutes les situations ou un 4RM m'aurait été réellement utile et je n'en ai pas trouvé, même dans les conditions ou je croisais de 4RM...dans le champ. C'est avec sa tête qu'on conduis, le rouage d'entgrainement, ça voens après.

    À chaque usage son outil

  • Denis Quenneville - Inscrit 25 décembre 2011 18 h 17

    traction intégral oui 4x4 non

    je crois que le défaut majeur ici, c,est de rouler à l'essence plutôt qu'au diesel comme ailleurs dans le monde...à l'exception des Etats...bien sur. Quand on pense que Toyota est le plus important producteur de voiture diesel et que même Honda a plusieurs model diesel disponible en Europe, pourquoi ou qui empêche leurs entrées ici chez nous ? Alors si ces versions serais disponible ici, on aurais des véhicules peu énergivore et sécuritaire. à mon sens, toute voiture devrais avoir ce genre de traction, ce qui compenserais un peu pour la piètre qualité des conducteurs. 2012 et 2013 marquera l,entré de la Tiguan Tdi et de la Q7 Tdi... à quand les autre ? En ce qui concerne le 4x4 alors...pour se dépendre ok mais pas sur la route, je crois que cé pire que 2 rm dans la neige..