Après le naufrage du ferry égyptien - Mer de lamentations

Cette Égyptienne pleurait, hier, la disparition de son époux dans le naufrage du ferry, vendredi.
Photo: Agence Reuters Cette Égyptienne pleurait, hier, la disparition de son époux dans le naufrage du ferry, vendredi.

Douba — Après avoir repêché 31 rescapés et 72 corps, des équipes saoudiennes poursuivaient hier leurs recherches pour tenter de retrouver des survivants du ferry égyptien qui a sombré vendredi en mer Rouge, tandis que les proches des disparus se lamentaient sur leur sort.

Le commandant des gardes-côtes du port saoudien de Douba, le général Badr al-Jabri, a indiqué à l'AFP que 28 rescapés avaient été conduits vers l'Arabie saoudite.

«Un navire saoudien a aussi sauvé trois personnes — deux Égyptiens et un Saoudien — dans la nuit de samedi à dimanche et les a remis à un bateau égyptien», a-t-il ajouté.

«Les recherches se poursuivent à 18 milles nautiques [33 km] des eaux territoriales saoudiennes», a déclaré Mahmoud al-Harbi, directeur du port saoudien de Douba (nord-ouest) d'où le bateau était parti jeudi pour le port égyptien de Safaga.

Le ferry Al-Salam Boccaccio 98 a fait naufrage dans la nuit de jeudi à vendredi entre l'Arabie saoudite et l'Égypte avec plus de 1400 personnes à bord.

Le dernier bilan officiel égyptien, encore provisoire, faisait état de 385 survivants. Un millier de personnes sont portées disparues.

«Le nombre total de Saoudiens sauvés depuis l'accident a atteint 44 personnes» sur les 100 qui se trouvaient à bord du Al-Salam, selon M. Harbi.

Quarante des rescapés saoudiens ont été retrouvés par les secouristes égyptiens tandis qu'une Saoudienne a été sauvée par un navire cargo et conduite vers le port jordanien d'Aqaba, a-t-il précisé.

Un responsable de l'agence de ferries à Douba a indiqué que la plupart des passagers étaient arrivés de différentes régions d'Arabie saoudite pour prendre le bateau pour Safaga, le voyage étant moins cher que par avion et relativement court compte tenu de la proximité des ports égyptiens.

Un grand nombre de travailleurs égyptiens ont manifesté hier leur colère devant le bureau de l'agence maritime. Ils se plaignaient d'avoir appris à la dernière minute, après avoir parcouru plusieurs centaines de kilomètres, qu'il n'y avait pas de bateau pouvant les transporter en Égypte.

Deux heures plus tard, ils ont retrouvé leur calme, un employé les ayant informés qu'ils pourraient partir pour le port d'Hourghada (Égypte) plus tard dans la journée.

«Non, je n'ai pas peur de voyager par ferry [après la tragédie]. Nos vies sont entre les mains de Dieu et nous sommes des croyants», a déclaré Chawki Abdel Mohsen, un Égyptien âgé de 57 ans, un commerçant travaillant dans la ville sainte de Médine.

Plusieurs survivants arrivés à Douba ont indiqué qu'un incendie s'était déclaré à bord du ferry avant le naufrage.

Un autre Égyptien, en pleurs, attendait de prendre le bateau pour rentrer au pays.

Il est sans nouvelles de son fils de 16 ans, qui se trouvait à bord du ferry naufragé.

«Achraf est un étudiant et il vivait avec moi à Sakaka», à 700 km de Douba, explique Ahmed Mohamed.

«Nous sommes très proches l'un de l'autre», ajoute-t-il.

Ses sept autres enfants vivent avec leur mère à Sohag en Haute-Égypte.

«Je veux rentrer en Égypte pour savoir ce qui est arrivé à mon fils», déclare M. Mohamed. Plusieurs de ses concitoyens lui parlaient et lui donnaient des petites tapes amicales sur le dos pour tenter de le consoler et lui donner du courage.

Les autorités saoudiennes ont mobilisé deux frégates, des navires de sauvetage, cinq hélicoptères et un Boeing C130 pour aider à la recherche de survivants, selon le lieutenant Mohammed al-Omari de la base aérienne du roi Fayçal à Tabouk. Une cellule de crise a également été créée à Douba.