Douceur du temps ne rime pas avec bonheur, pour les entreprises

Toronto — Les conditions climatiques anormalement douces observées ces dernières semaines ont contraint plusieurs entreprises canadiennes à modifier leur plan de match.

Bien que les températures de décembre aient été similaires à celles habituellement observées à cette époque de l'année, les conditions météorologiques de janvier ont été plus douces que celles prévalant normalement dans plusieurs régions du pays.

Le sud du Québec et l'Ontario ont eu droit à des températures d'environ cinq degrés Celsius plus élevées que les normales saisonnières, tandis que, dans les Prairies, le thermomètre est monté jusqu'à 10 degrés au-dessus de la normale.

Le mois de janvier a été le plus chaud jamais enregistré en Ontario tandis qu'à l'échelle nationale il se classe au troisième rang, derrière janvier 1981 et 1958.

Cela a eu pour conséquence de forcer les spécialistes de la planification stratégique de secteurs tels que ceux du vin et du transport, notamment, à revoir leur façon de faire. «Nous ne sommes pas habitués à travailler dans une mer de boue en janvier», a indiqué Lloyd Ferguson, directeur général de Dufferin Construction, société ontarienne de bétonnage et d'ingénierie.

On pourrait croire que des conditions climatiques plus douces sont favorables au secteur de la construction, mais M. Ferguson a assuré que ce n'était pas nécessairement le cas.

«Si nous avions su que ce serait comme ça, nous nous serions préparés en conséquence, a-t-il dit. Mais nous nous étions préparés en fonction d'un sol gelé, et nous avions prévu des contrats à mener sur un sol gelé. Mais nous n'y avons pas eu droit. Nous sommes donc fermés.»

Le problème est double, a même ajouté M. Ferguson. «Trop de boue et pas assez de neige à ramasser. Beaucoup d'entre nous dépendent des contrats de déneigement durant l'hiver, et il n'y en a pas eu.»

La température s'est révélée une bonne et une mauvaise chose pour le secteur de la construction, a quant à lui estimé Jeff Morrison, de l'Association canadienne de la construction (ACC).

Les conditions climatiques ont simplifié la tâche des entreprises appelées à ériger des tours de bureaux. «Elles n'ont pas eu à payer le chauffage ou la décongélation», a dit M. Morrison.

Par ailleurs, les températures observées en janvier ont laissé sans occupation les producteurs de sirop d'érable, a indiqué Marc Côté, de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

Le temps toux aurait pu leur permettre de procéder à l'entaillage des arbres, mais ils n'avaient pas prévu qu'il ferait si chaud, a-t-il expliqué.

Cependant, dans le secteur de Niagara, en Ontario, les producteurs de raisin et de vin se réjouissent. «Cet hiver est un cadeau du ciel pour l'industrie vinicole», a affirmé Norm Beal, président du Wine Council de l'Ontario, précisant que les températures clémentes permettaient aux vignes de se remettre du froid extrême les ayant affectées l'an dernier.