Meurtre d'un prêtre catholique en Turquie

Ankara — Un prêtre catholique italien a été tué par balles hier à Trébizonde, dans le nord de la Turquie, à la sortie de la messe dominicale, ont annoncé des responsables.

Le gouvernement turc a condamné ce meurtre et a promis de retrouver le coupable.

Selon un responsable de l'ambassade du Vatican à Ankara, le prêtre assassiné est le père Andrea Santoro, 59 ans, originaire de Piverno, une localité située près de Rome. Selon les autorités ecclésiastiques, le prêtre était détaché du diocèse de Rome auprès de la paroisse de l'église catholique Sainte-Marie de Trébizonde.

Ce responsable s'est refusé à établir tout lien entre cet assassinat et la vague d'indignation soulevée dans le monde musulman par la publication de caricatures du prophète Mahomet au Danemark et d'autres pays européens.

«Nous n'avons rien à voir avec cela. Le Saint-Siège a rendu publique une déclaration soutenant le juste droit au respect des sentiments religieux du monde musulman», a déclaré ce responsable qui a demandé l'anonymat. Il a assuré ne pas «pouvoir deviner ce qui s'est passé». Un policier ayant aussi demandé l'anonymat, joint par l'AFP, a confirmé que le prêtre avait été tué dans une attaque armée, se refusant à fournir des détails. Ce policier n'a pas été en mesure de préciser si ce meurtre avait un quelconque lien avec l'affaire des caricatures de Mahomet.

Le tireur, qui serait âgé de moins de vingt ans, a ouvert le feu sur le prêtre à la porte de l'église avant de s'enfuir, a rapporté la chaîne de télévision CNN Turk citant des témoins. L'assassinat a été commis après la messe dominicale célébrée dans l'église, selon la chaîne.

Selon l'institut médico-légal local cité par Anatolie, le prêtre est décédé des suites d'un tir qui l'a atteint à la poitrine. Un témoin qui se trouvait à l'intérieur de l'église au moment du drame a déclaré à la police que le meurtrier avait tiré trois coups de feu lorsque le prêtre a ouvert la porte de l'édifice après le carillon de la cloche, selon Anatolie. Deux balles ont atteint le prêtre, a ajouté ce témoin. Le ministre turc de la Justice Cemil Cicek, également porte-parole du gouvernement, a souligné qu'Ankara condamnait avec une grande virulence «ce meurtre d'un homme de religion commis dans un sanctuaire religieux».

«Le gouvernement déploie tous ses efforts pour élucider cette affaire et découvrir qui a perpétré [cet assassinat] et pour quelle raison», a déclaré M. Cicek, cité par l'agence Anatolie. Le gouverneur de Trébizonde, Huseyin Yavuzdemir, a également condamné l'assassinat, dans une déclaration à l'agence Anatolie.

Mgr Luigi Padovese, vicaire apostolique en Anatolie, a déclaré à l'agence italienne Ansa qu'aucune hypothèse ne pouvait, à ce stade de l'affaire, être exclue.

«Nous ne pouvons rien exclure car nous ne savons encore rien», a-t-il dit. «Il est impossible pour le moment d'avoir une certitude quant à la motivation» du meurtrier, a-t-il ajouté.

Le maire de Rome, Walter Veltroni, s'est dit «profondément peiné et inquiet», dans un message de condoléances adressé à la mère et la soeur du prêtre. «Nous ne savons pas encore dans quelles circonstances ce crime a été commis et s'il était lié d'une quelconque façon directement ou indirectement, à la violence qui secoue les communautés musulmanes dans de si nombreux pays» après la publication de caricatures, a déclaré M. Veltroni.