Le «jilbab» devant les Law Lords

Londres — La décision de la Cour d'appel de Londres en mars 2005 d'autoriser une écolière d'origine bangladeshi à porter le «jilbab», une robe ne laissant apparaître que les mains et le visage, sera examinée aujourd'hui par les Law Lords, la plus haute instance judiciaire britannique.

En l'occurrence, les Law Lords ne devraient pas revenir sur la victoire judiciaire de Shabina Begum, 17 ans, mais seulement se pencher sur les conséquences prévisibles de l'arrêt de la cour d'appel de Londres sur l'interprétation à donner au «Human Rights Act», la loi britannique sur les droits de l'homme. Battue en première instance en juin 2004, Mlle Begum avait obtenu gain de cause devant la cour d'appel pour «violation de son droit à l'éducation et de son droit à manifester ses convictions religieuses», sur la base du Human Rights Act.

La décision de la Cour d'appel de Londres avait été d'autant plus critiquée que l'école poursuivie par la jeune fille, la Denbigh High School de Luton, une école publique (au nord de Londres), compte 80 % d'élèves musulmans et a toujours accordé à ceux-ci une grande marge de liberté quant aux vêtements qu'ils peuvent porter à l'école.

Les élèves de ce collège peuvent ainsi porter l'uniforme classique de l'école, avec jupe ou pantalon, ce dernier étant même autorisé pour les filles. Mais ils peuvent également opter pour le «shalwar kameez», un ensemble composé d'un sarouel et d'une tunique, une tenue avec laquelle les filles sont mêmes autorisées à porter le voile.