Égypte - Un ferry coule avec 1300 passagers à bord

Inquiet, cet homme attend qu’on lui dise si ses proches sont morts ou vivants.
Photo: Agence Reuters Inquiet, cet homme attend qu’on lui dise si ses proches sont morts ou vivants.

Le Caire — Drame en mer Rouge. Un ferry égyptien transportant 1300 personnes, essentiellement des travailleurs égyptiens revenant d'Arabie Saoudite, a sombré pour une raison inconnue dans la nuit de jeudi à hier. Les secours ont retrouvé au moins 314 survivants et repêché 185 corps sans vie.

Reliant l'Arabie à l'Égypte, l'al-Salam Boccaccio 98 a coulé à 70 kilomètres au large du port égyptien de Hourghada entre minuit et 2h hier, alors que la plupart des passagers devaient être endormis. Il transportait 1318 personnes, dont 96 membres d'équipage, selon le chef de l'Autorité maritime égyptienne Mahfouz Taha Marzouk.

Des vents violents et une tempête de sable soufflaient sur la côte ouest de l'Arabie Saoudite, d'où le bateau était parti jeudi soir. Au moins huit bateaux, quatre saoudiens et quatre égyptiens, participaient aux opérations de secours, mais ils sont arrivés dans la zone du naufrage une dizaine d'heures après la catastrophe.

Une certaine confusion semblait régner, les autorités égyptiennes ayant d'abord décliné une offre émanant de la marine britannique qui disposait d'un navire et d'un avion dans le secteur, avant de se raviser et d'accepter cette aide. Les parents des naufragés se sont plaints du manque d'information.

Selon un responsable des autorités maritimes égyptiennes ayant requis l'anonymat, 30 survivants ont été repêchés et 150 autres se trouvaient encore dans des canots de sauvetage. Il a également précisé qu'une vingtaine de corps avaient été retrouvés, l'ambassade d'Égypte à Londres parlant de plusieurs «dizaines de corps» repêchés. De son côté, le ministre des Transports Mohammed Lutfy Mansour a annoncé dans la soirée sur la chaîne de télévision CNN qu'au moins 263 personnes avaient été sauvées. Un porte-parole du ministère, Mohammed Amin, a déclaré à l'Associated Press dans la soirée qu'il y avait 314 rescapés, dont un enfant d'environ trois ans. Selon un responsable policier du centre des opérations de secours à Safaga, 185 cadavres ont été repêchés.

Un porte-parole du président Hosni Moubarak a déclaré que le ferry ne disposait pas d'un nombre suffisant de canots de sauvetage.

Vieux de 35 ans, le ferry transportait 220 véhicules et possédait une capacité d'embarquement de 2500 passagers, a déclaré le responsable du navire en Arabie Saoudite. Il avait quitté le port saoudien de Douba jeudi à 19h et devait arriver hier à 3h du matin dans le port égyptien de Safaga, situé à 200 kilomètres sur la rive opposée de la mer Rouge. Selon Mamdouh al-Orabi, gérant de la compagnie propriétaire du bâtiment, celui-ci avait été construit en 1971 et rénové en 1991.

Alors que la nuit tombait, on craignait un bilan très élevé. Tout survivant encore dans l'eau risquait d'être en état d'hypothermie à cause de la température de la mer qui est en moyenne de 19 degrés en février dans ce secteur.

Le navire, appartenant à la compagnie égyptienne es-Salam Maritime Transport, transportait 1200 Égyptiens, 99 Saoudiens, trois Syriens, deux Soudanais et un Canadien, selon les autorités. Se trouvaient à bord des musulmans qui avaient vraisemblablement participé au pèlerinage de La Mecque le mois dernier et étaient restés dans le royaume pour y travailler.

Aucun signal de détresse n'a été reçu du navire, qui a simplement disparu des écrans radar. «Le bateau remplissait toutes les normes de sécurité nécessaires, a déclaré Mohammed Lutfy Mansour à l'agence de presse égyptienne MENA. Les raisons [du naufrage] demeurent inconnues.»

Immatriculé au Panama, le navire est désigné par ses propriétaires et les autorités maritimes sous le nom d'al-Salam 98, mais David Olser, de la Lloyd List à Londres, souligne qu'il a été enregistré sous le nom d'al-Salam Boccaccio 98.

«C'est un ferry roulier et il y a un grand point d'interrogation sur la stabilité de ce genre de navire, a souligné David Osler. Il suffit qu'un peu d'eau s'engouffre dedans et tout est fini. Ce type de bateau est impliqué dans un pourcentage considérable de catastrophes de cette nature.»