Loisir - Et vogue la Quiétude

C'est en visitant le dernier Salon du bateau à Montréal que je suis tombé sur eux. Là où des centaines d'embarcations rivalisaient à coups de vitesses folles, d'énormes moteurs et de cabines édulcorées à l'excès, il y avait, dans une allée un peu sombre, trois jolis petits bateaux... électriques.

La dernière fois que je me suis retrouvé au bord d'un lac en quête de douceur estivale, j'ai été témoin d'un va-et-vient incessant de hors-bord insolents et surtout bruyants. Les uns démontraient une certaine propension à la pratique du ski nautique en milieu familial tandis que d'autres avaient la grande vague comme point de repère sidéral. Au milieu du lac: un ponton serti de plus d'une douzaine d'adultes qui décidèrent, sans même articuler, de donner dans la chanson à boire avec canettes comme témoins. Ce lac, si paisible en semaine, avait sombré dans La Chevauchée des Walkyries, partition motorisée à la clé.

Est-ce à cause de cela qu'est née la Compagnie canadienne de bateaux électriques? Installée à Oka, cette entreprise construit depuis 1999 des bateaux inspirés de ceux des années 30 qui servaient au transport du personnel en Nouvelle-Angleterre. En dehors du travail, ils servaient au tourisme les week-ends et durant les longs congés.

Deux bateaux, un de 15 pieds (Quiétude 156) et l'autre de 21 pieds (Fantail 217), sont les fers de lance de l'entreprise. Le dessin fort esthétique de ces embarcations leur donne une forme qui donne envie de s'y installer. Vieux et moderne à la fois...

Pour le Fantail 127, le pont de fibre de verre est recouvert d'un placage de bois marin d'entretien facile. Les cinq pièces de bois de finition s'ajustent dans les cavités spécialement prévues à cet effet dans la fibre de verre. Une ceinture du même bois marin assure le fini entre le pont et l'habitacle.

Le Fantail 127 peut être habillé de teck ou d'acajou. Le modèle classique permet au bois de s'exprimer dans sa plus simple expression, c'est-à-dire brut. Le modèle collectionneur se livre en fini lustré, assurant la protection du bois par l'ajout d'un additif contre les rayons UV du soleil et un protecteur contre le sel marin.

L'habitacle accueille confortablement de huit à dix adultes. Le fini acajou ou teck du plancher et de la table s'harmonise avec le pont. La disposition de ces éléments cache la technologie sous-jacente. De plus, un vaste espace de rangement a été prévu sous les banquettes. On trouve également un auvent qui protège du soleil et de la pluie (également sur le Quiétude 156, qui peut accueillir confortablement quatre personnes et offre les mêmes caractéristiques que le précédent, mais en plus minimaliste).

La conduite est facile à l'intérieur de l'habitacle avec un mini-gouvernail qui donne au conducteur des airs de grand marinier. Une petite table escamotable peut servir pour les pique-niques ou la lecture alors que des rangements sous les banquettes sont d'un confort bien établi.

Avec ces moteurs électriques totalement silencieux, on peut atteindre une vitesse de croisière de 10 à 15 km/h, ce qui donne une idée de la trace laissée dans l'eau. À 10 km/h, il est stipulé que l'achigan et la perchaude n'auront pas besoin d'aller chez le psy après le passage de l'embarcation. À cette vitesse, l'autonomie de la batterie est d'environ huit heures. Pour la recharger, il suffit de brancher le Quiétude ou le Fantail à une prise de courant ordinaire (110 volts). Une période de chargement de six heures assure l'autonomie de navigation. Les bateaux sont équipés d'un indicateur de charge de la pile.

Ces bateaux peuvent être commandés en modèles de base mais peuvent également être livrés avec des couleurs d'auvents et de banquettes diverses, sans oublier, pour le bien de la coque, une remorque et des auvents de côté pour ceux qui veulent vraiment être à l'abri.

Il s'agit donc d'une façon de naviguer au fil de l'eau sans effrayer la faune et la flore aquatiques, pas plus que la faune domiciliaire, qui réclame aussi un peu plus de silence. Un silence à prix d'or, quand même, puisqu'il commence à se déployer aux alentours de 23 000 $.

Compagnie canadienne de bateaux électriques

63, rue Notre-Dame

Oka

(450) 479-1099, (450) 479-1230. Télécopieur: 1 866 479-1099.

www.electricboats.ca

Collaborateur du Devoir