Le troisième lien, un frein à l’étalement urbain, dit Benoit Charette

«Je suis d’accord: il faut mettre des efforts importants pour contrer ce phénomène-là. Le tunnel Québec-Lévis, centre-ville à centre-ville, est une belle façon d’y parvenir», a déclaré M. Charette.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne «Je suis d’accord: il faut mettre des efforts importants pour contrer ce phénomène-là. Le tunnel Québec-Lévis, centre-ville à centre-ville, est une belle façon d’y parvenir», a déclaré M. Charette.

Un tunnel entre les centres-villes de Québec et de Lévis est « une belle façon » de contrer l’étalement urbain, a soutenu le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, lundi, lors d’un passage dans la capitale nationale.

Le ministre rencontrait pour la première fois le maire de Québec, Bruno Marchand, au lendemain d’une semaine marquée par de profonds différends entre l’Hôtel de Ville et le gouvernement caquiste.

La pomme de discorde, le tramway, n’a fait l’objet d’aucune discussion entre les deux hommes. « Le temps nous a manqué », s’est désolé le ministre Charette, qui arrivait tout juste de Montréal.

Au podium, l’élu caquiste a fait savoir, comme le maire Marchand la semaine dernière, que l’étalement urbain débridé compromet l’atteinte des objectifs de réduction des émissions polluantes du Québec.

« Je suis d’accord : il faut faire des efforts importants pour contrer ce phénomène-là. Le tunnel Québec-Lévis, centre-ville à centre-ville, est une belle façon d’y parvenir », a déclaré M. Charette.

Au fil des dernières décennies, a expliqué le ministre, les différents liens projetés entre les deux rives auraient contribué à l’étalement urbain. « Cette fois-ci, en ayant un concept de centre-ville à centre-ville, on va venir limiter de façon importante le potentiel d’excroissance dans la région de la capitale nationale », a soutenu M. Charette.

L’affirmation s’inscrit à contre-courant d’un vaste consensus au sein de la communauté scientifique, qui veut que le troisième lien tel que présenté par le gouvernement Legault contribue à accroître l’essor des banlieues plutôt qu’à le ralentir.

Tramway et troisième lien

Après une semaine corrosive autour du tramway entre la CAQ et la Ville de Québec, le ministre de l’Environnement a réitéré l’appui sonnant et trébuchant de son gouvernement au tramway. « Nous sommes le principal bailleur de fonds du projet », a-t-il affirmé en rappelant la promesse du gouvernement d’y injecter « au moins » 1,8 milliard de dollars.

Le ministre Charette a aussi défendu son gouvernement, accusé d’empiéter dans les compétences municipales, la semaine dernière, en imposant le retrait d’une voie partagée de 500 m avant d’avaliser le tramway. « Ce n’est pas de l’ingérence, c’est de la saine gestion financière », a maintenu le ministre.

La destinée du plus important projet de transport collectif dans l’histoire de Québec semble de plus en plus liée à celui du Réseau express de la Capitale (REC) au sein du gouvernement.

« Le tramway est une composante indispensable, indissociable de l’ensemble d’un projet qui parle tantôt de voies réservées, qui parle tantôt de troisième lien », a souligné le ministre. « C’est un tout qui doit être considéré ensemble. »

La semaine dernière, plusieurs élus caquistes, notamment le ministre des Transports, François Bonnardel, et la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, ont déploré que le maire de Québec ne tienne pas compte des citoyens de Saint-Apollinaire et de Portneuf dans l’élaboration du tramway.

Le gouvernement doit présenter une version « bonifiée » du troisième lien au cours des prochaines semaines. Le coût de la version présentée en mai dernier avoisinait les 10 milliards de dollars. La facture du tramway, de son côté, a gonflé à près de 4 milliards de dollars.

Le ministre Benoit Charette venait à Québec pour annoncer l’octroi de 49 millions de dollars afin d’aider la Ville à réduire son empreinte environnementale. De ce montant, le verdissement de la capitale nationale accapare 30 millions de dollars.

Les 19 millions qui restent serviront à diminuer les émissions polluantes du parc immobilier municipal, évalué à plus de 1100 édifices, et à installer des bornes de recharge électrique.

Dans son plan climatique, la CAQ veut réduire de 37,5 % les émissions polluantes du Québec d’ici 2030 par rapport à la quantité produite en 1990. « On est à ce moment-ci à moins de 3 %, a indiqué le ministre de l’Environnement. La prochaine décennie va être déterminante pour qu’on arrive à nos objectifs. »

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