Un léger répit pour les commerçants dans le budget Marchand

L’administration Marchand, qui est minoritaire au conseil municipal, a ajouté au budget des éléments du programme de l’ancien parti de Marie-Josée Savard, tels que des cours de natation gratuits pour les enfants.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir L’administration Marchand, qui est minoritaire au conseil municipal, a ajouté au budget des éléments du programme de l’ancien parti de Marie-Josée Savard, tels que des cours de natation gratuits pour les enfants.

Le premier budget de l’administration Marchand accorde un nouveau crédit de taxes de 10 % aux commerçants, aux restaurateurs et aux hôteliers de la capitale afin d’atténuer les pertes qu’ils ont subies pendant la pandémie.

La mesure, qui devrait toucher 1200 propriétaires d’immeubles commerciaux, allégera leur avis d’imposition en moyenne de 2000 $. Elle coûtera à la Ville 2,5 millions de dollars cette année, selon ce qu’indiquent les documents budgétaires présentés mardi.

Pour s’en prévaloir, il faut être propriétaire d’un immeuble dont les espaces sont occupés par des restaurants, des hôtels, des motels ou des maisons de touristes, ou encore par des commerces de vente au détail. Le programme devrait surtout bénéficier aux propriétaires ayant pignon sur rue, et il ne sera pas accessible aux propriétaires de centres commerciaux, par exemple.

Il s’agit d’une première à la Ville de Québec. Cette mesure ne figurait pas parmi les engagements de Bruno Marchand et de son parti, Québec forte et fière, en campagne électorale, la formation ayant plutôt promis de réduire les taxes commerciales à sa deuxième année au pouvoir.

Les municipalités n’avaient auparavant pas le droit d’octroyer de crédits de taxes, mais une nouvelle loi adoptée par l’Assemblée nationale en réaction à la pandémie a fourni aux Villes de nouveaux outils pour ce faire. Il s’agit toutefois d’une mesure d’exception, la loi n’étant valide que trois ans.

Le budget présenté mardi prévoit en outre une hausse de taxes au niveau de l’inflation, à 2,2 %, comme l’avait annoncé le parti en campagne électorale. Les dépenses s’élèveront cette année à 1,65 milliard de dollars, une hausse de 4,7 % par rapport à 2021.

La touche Marchand

Étant donné que le maire vient à peine d’être élu, ce budget porte, en bonne partie, la signature de l’administration de Régis Labeaume.

Outre le crédit de taxes, la nouvelle équipe a ajouté une série de petites mesures liées aux promesses électorales de Québec forte et fière, telles que l’annulation des frais de retard dans les bibliothèques, la création du nouveau bureau des relations internationales et l’octroi de fonds additionnels dans la lutte contre l’itinérance.

Ces mesures ont été financées par un coussin financier que s’était réservé la direction générale en prévision de la transition.

L’administration Marchand, qui est minoritaire au conseil municipal, a aussi inséré dans le budget des éléments du programme de l’ancien parti de Marie-Josée Savard, comme des cours de natation gratuits pour les enfants.

« Ça ressemble même assez au programme électoral que nous avons présenté en campagne », a souligné le chef de la formation, Claude Villeneuve. L’appui des neuf membres d’Équipe Marie-Josée Savard semble assuré pour ce premier budget, le chef de l’opposition invitant même les journalistes à miser « un petit 2 $ » sur son adoption.

La biométhanisation au menu

Le premier budget Marchand revendique près de 20 millions de dollars de nouveaux investissements consacrés à la lutte contre les changements climatiques. C’est d’ailleurs en souliers verts que le nouveau maire a présenté son premier exercice financier.

La part du lion, soit 11,3 millions, s’ajoute à la facture du centre de biométhanisation mis en chantier sous son prédécesseur.

Le prix du projet, d’abord annoncé à 125 millions, a grimpé de 65 millions en 2019 pour s’établir à 210 millions deux ans plus tard — un récent dépassement dû en partie à la pandémie, selon le directeur général de la Ville, Luc Monty, la COVID-19 ayant fait grimper le coût des matériaux et forcé l’arrêt des travaux pendant deux mois.

La mise en service du centre de biométhanisation est prévue en novembre 2022, conformément à l’échéancier initial.

La Ville de Québec investit aussi dans le développement du transport actif, consacrant 1,5 million de dollars au déneigement du réseau cyclable. Celui-ci sera appelé à grandir au cours des prochaines années, puisque le budget Marchand prévoit y allouer 2 millions supplémentaires annuellement.

« C’est une première année, a indiqué le maire. Ce n’est qu’un début. »

Dans l’opposition, Transition Québec a nuancé les teintes de vert que l’administration Marchand appose à son budget. « On n’est pas sûrs de l’appuyer », a indiqué la cheffe de la formation et seule élue du parti, Jackie Smith. Elle aimerait que les sommes vouées au développement du réseau cyclable soient décuplées, à 20 millions de dollars, et déplore que la nouvelle administration persiste à investir dans le centre de biométhanisation et l’incinérateur à déchets quand les questions climatiques imposent, selon elle, de privilégier le compostage.

L’ancienne opposition officielle à la Ville, Québec 21, n’a pas réagi au dépôt du budget pour l’instant.

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