Un premier comité exécutif transpartisan pour Bruno Marchand

Élu maire par une infime marge, Bruno Marchand compte sur moins de conseillers municipaux que l’opposition officielle.
Photo: Francis Vachon Archives Le Devoir Élu maire par une infime marge, Bruno Marchand compte sur moins de conseillers municipaux que l’opposition officielle.

La Ville de Québec serait moins forte si elle ne comptait que sur des élus de Québec forte et fière (QFF), a affirmé mercredi le chef de la formation et nouveau maire de la capitale, Bruno Marchand. Son premier comité exécutif sera composé de onze élus, dont quatre issus d’autres partis que le sien.

M. Marchand a présenté son nouveau conseil aux médias, mercredi, dans une conférence de presse qui avait tout de transpartisan. Même le chef de l’opposition, Claude Villeneuve, était présent pour voir deux de ses conseillers recevoir une lettre de mandat.

« Les citoyens de Québec ont élu un conseil minoritaire. Et nous en sommes convaincus, on se doit de gouverner selon cette volonté », a constaté le maire Marchand d’entrée de jeu, mercredi.

« On a choisi le chemin le moins fréquenté. On assume que c’est le meilleur », a-t-il poursuivi.

En plus des six élus de son parti, le maire comptera notamment sur Jean-François Gosselin, ex-chef de Québec 21, qui assurera les suivis des dossiers de loisirs et de sports. En pratique, trois élus, dont M. Gosselin, porteront le chapeau de membres associés. Ils pourront rester avec leur parti, mais n’auront pas la capacité de s’exprimer sur d’autres dossiers que les leurs lors des séances du comité.

Steeve Verret, élu sous les couleurs d’Équipe Marie-Josée Savard, quitte le parti pour siéger comme indépendant. C’est Catherine Vallières-Roland qui agira comme mairesse suppléante. Elle était la colistière de M. Marchand lors de la campagne électorale.

Au comité exécutif, un seul parti municipal n’est pas représenté : Transition Québec. Sa cheffe, Jackie Smith, siégera dans l’opposition. Mais ce n’est pas par manque de volonté, a maintenu le maire. « La proposition [de se joindre à l’exécutif] a été faite à tous les partis, a-t-il dit. Les partis ont décidé ce qu’ils voulaient. »

Assermenté cette fin de semaine, M. Marchand avait déjà confirmé la semaine dernière qu’il comptait « travaill[er] avec les autres » et mettre ses « intérêts personnels de côté ». Le contexte électoral ne lui donnait pas vraiment le choix. Élu maire avec une infime marge, M. Marchand compte sur moins de conseillers municipaux que l’opposition officielle.

Rallier les troupes

Bruno Marchand voit plusieurs avantages à la pluralité des voix que comporte son comité exécutif. Jamais la partisanerie n’a influencé ses choix, a-t-il soutenu, mercredi. « Si ça avait fait partie des calculs, on aurait essayé d’aller obtenir la majorité en demandant à des gens de rejoindre Québec forte et fière », a-t-il argué.

Le maire assure qu’il ne procédera pas à du « maraudage » au cours des quatre années de son mandat. Selon lui, d’ailleurs, « ça serait une grave erreur ».

« Ça serait fermer la porte à la collaboration », a-t-il affirmé.

Le maire souhaite tellement travailler dans la collaboration que l’agenda de son parti « n’est pas [sa] priorité présentement ». M. Marchand se dit prêt à écouter l’ensemble des propositions qui lui seront faites, même en provenance des oppositions.

« On est à l’aise avec ça », a signifié le chef de l’opposition à la Ville, Claude Villeneuve, qui convient que le conseil de Ville « ne doit pas être une chorale ».

« On se garde la flexibilité de demander à notre maire de se tenir debout », notamment dans le dossier des dépassements de coûts du tramway de Québec, a-t-il souligné.

Tramway

Le réseau de transport collectif fera avec certitude partie des dossiers majeurs du début de mandat de l’administration Marchand. Si bien que le maire a nommé une responsable du tramway au conseil exécutif : la conseillère municipale de Saint-Louis–Sillery, Maude Mercier-Larouche.

L’élue s’est engagée mercredi à donner une « meilleure acceptabilité sociale » au tramway. « Le citoyen, il y a des choses qu’il n’a pas comprises parce qu’on ne lui a pas transmis l’information. C’est un gros projet, c’est un beau projet », a-t-elle répété.

Récemment, le ministre des Transports, François Bonnardel, convenait avoir été « surpris » par les dépassements de coûts anticipés du projet de tramway. Dans sa dernière lettre au gouvernement de François Legault, l’ex-maire Régis Labeaume a vertement critiqué la stratégie de Québec, incitant le gouvernement à assumer les coûts supplémentaires.

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