Tramway dans Montcalm : la quadrature du cercle

Le Bureau de projet doit notamment faire un arbitrage entre les arbres qui devront être sacrifiés et les voies de circulation au cœur du quartier Montcalm.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le Bureau de projet doit notamment faire un arbitrage entre les arbres qui devront être sacrifiés et les voies de circulation au cœur du quartier Montcalm.

La petitesse des voies de circulation dans le quartier Montcalm à Québec a transformé la planification du projet de tramway en casse-tête. Entre les arbres matures et les voies de circulation à sacrifier, ce problème s’impose comme un enjeu central de la campagne électorale.

« Entre Myrand et Des Érables, on prévoit en couper 208 », a déclaré le directeur du bureau de projet Daniel Genest lors d’une présentation à l’hôtel de ville, mercredi.

Au total, ce sont 1584 arbres qui devront être abattus sur les 7133 que compte le trajet entre d’Estimauville à Beauport et le secteur Legendre dans l’Ouest.

Des coupes qui passent particulièrement mal dans le quartier Montcalm réputé pour son cachet. Mais l’intérêt pour cet enjeu traverse tous les secteurs de la ville, ont constaté les candidats depuis le début de la campagne. 

Ces derniers jours, la candidate à la mairie Marie-Josée Savard, qui faisait partie de l’administration Labeaume, a été attaquée de toutes parts, ses adversaires lui reprochant de ne pas rendre publiques les nouvelles données sur le sujet.

La documentation provenait de réponses fournies par le Bureau de projet du réseau structurant (BPRS) au ministère de l’Environnement dans le cadre du processus d’évaluation environnementale du projet.

Le cœur du quartier à l’étroit

Le Bureau de projet doit notamment faire un arbitrage entre les arbres qui devront être sacrifiés et les voies de circulation au cœur du quartier Montcalm.

Cet enjeu est devenu beaucoup plus sensible depuis sa décision de réduire la portion du projet en tunnel pour réduire les coûts dans le quartier Montcalm. Comme l’a expliqué le directeur de projet Daniel Genest, il en coûte en moyenne 150 millions $ pour construire un kilomètre de tramway en surface et trois à quatre fois plus pour faire la même chose en mode souterrain.

À l’origine, la portion en tunnel du projet devait s’étirer entre le quartier Saint-Roch et l’avenue des Érables. Or le BPRS a annoncé en mars que le tunnel serait réduit de 500 mètres, entre des Érables et Turnbull. Le hic, c’est que le boulevard René-Lévesque est beaucoup plus étroit dans ce secteur.

Selon les plans présentés mercredi, le Bureau de projet hésite entre trois scénarios : une voie automobile dans chaque direction de part et d’autre de l’emprise du tramway, une seule voie à sens unique et des rues partagées de chaque côté. Plus on ajoute des voies automobiles, plus le nombre d’arbres à abattre est important (27 avec des voies partagées, 34 avec une voie à sens unique et 74 avec deux voies).

Dans une rue partagée, l’aménagement favorise la circulation à pied et à vélo et la limite de vitesse des voitures est limitée à 20 km/h.

Le Bureau de projet affirme ne pas avoir encore pris de décision quant au scénario qui sera privilégié.

À voir en vidéo