Après le troisième lien, un candidat à la mairie de Québec en propose un quatrième

Selon Jean-François Gosselin, on pourrait envisager de construire deux petits tunnels entre Québec et Lévis: un dédié au transport en commun, entre les deux centres-villes, et un autre pour les voitures, à l’Est.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Selon Jean-François Gosselin, on pourrait envisager de construire deux petits tunnels entre Québec et Lévis: un dédié au transport en commun, entre les deux centres-villes, et un autre pour les voitures, à l’Est.

Le tunnel Québec-Lévis ne doit pas émerger dans le centre-ville de Québec, à part pour le transport en commun, plaide le candidat à la mairie de la capitale nationale Jean-François Gosselin. D’où l’idée d’un tunnel supplémentaire à l’est, un quatrième lien.

En faisant du porte-à-porte, le chef de Québec 21 dit avoir constaté qu’un grand nombre d’électeurs étaient opposés à une sortie autoroutière au centre-ville. « Moi je livre le fond de la pensée des citoyens », dit-il. « Il faut que la sortie autoroutière soit vers l’est. »

Rappelons que le projet de tunnel Québec-Lévis, proposé par le gouvernement du Québec, doit relier les deux centres-villes à la fois en voiture et en transport en commun. Du côté de Québec, les bus émergeraient dans le quartier Saint-Roch, tandis que les voitures sortiraient du tunnel dans le secteur du Centre Vidéotron, à un emplacement qui n’a pas encore été déterminé.

Selon M. Gosselin, on pourrait envisager de construire deux petits tunnels : un consacré au transport en commun, entre les deux centres-villes, et un autre pour les voitures, à l’est.

Option rejetée

Le candidat, qui s’est notamment lancé en politique municipale pour faire la promotion d’un troisième lien autoroutier entre les deux villes, a toujours préconisé que le pont ou le tunnel soit situé à l’est de Québec, une option qui a été rejetée par le gouvernement.

Mercredi, il a invité le ministère des Transports (MTQ) à étudier ces options. Le cabinet du ministre François Bonnardel n’a toutefois pas voulu commenter. « On ne veut vraiment pas se mêler de la campagne », a indiqué son attachée de presse, Claudia Loupret.

Le projet, présenté en mai par le gouvernement de la CAQ, sera constitué d’un tunnel de deux étages, comptant chacun trois voies de circulation, dont une réservée aux autobus électriques.

M. Gosselin fait valoir que la séparation du projet en deux permettrait de réaliser deux tunnels plus petits et moins complexes à construire.

« Ridicule » selon ses adversaires

Le candidat à la mairie n’est pas le premier à suggérer que le tunnel soit réservé au transport en commun. Jean Rousseau, candidat à la mairie pour Démocratie Québec, le préconise déjà et le spécialiste en aménagement urbain Jean Dubé, de l’Université Laval, a défendu cette idée dans un livre publié cet automne.

Mercredi, M. Rousseau a salué « la conversion » de M. Gosselin y voyant une « reconnaissance » de la qualité de son propre programme. Le chef de Démocratie Québec a toutefois rejeté l’idée de construire un quatrième lien autoroutier. « Réalisons un métro sous-fluvial. Déjà, ça va améliorer grandement la circulation automobile. On n’a aucune preuve qu’après cela, on aurait besoin d’un autre lien. »

La sortie de M. Gosselin a aussi fait réagir d’autres de ses adversaires, comme Jackie Smith, candidate à la mairie pour le parti Transition Québec. « C’est ridicule, on a pas besoin d’un troisième lien, encore moins d’un quatrième », a-t-elle déclaré par voie de communiqué. « 76 % des gens qui se rendent sur la Rive-Nord en heure de pointe du matin proviennent de l’ouest de Lévis. »

Le candidat Bruno Marchand a, lui aussi, tourné en ridicule la récente proposition de M. Gosselin. « Moi je pense qu’il veut passer à Infoman. C’est ça son objectif », a réagi le chef de Québec Forte et Fière. « Le gouvernement a un projet qu’il essaie de définir, qu’il veut continuer à présenter […] et on est déjà rendus à un lien supplémentaire ! Qui va le payer ? »

Marie-Josée Savard, candidate du parti du même nom, n’a quant à elle pas voulu réagir à cette proposition. Selon un sondage rendu public lundi, Mme Savard mène dans la course avec plus de vingt points de pourcentage devant M. Gosselin, son plus proche adversaire.

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