Régis Labeaume taille en pièces le projet de métro de Jean-François Gosselin

Le VALSE relierait la Colline parlementaire aux secteurs de Marly, à Sainte-Foy, et de l’Aquarium.
Photo: Québec 21 Le VALSE relierait la Colline parlementaire aux secteurs de Marly, à Sainte-Foy, et de l’Aquarium.

Le qualifiant de « fumisterie », le maire Régis Labeaume a attaqué avec vigueur jeudi le projet de métro léger présenté quelques heures plus tôt par son opposant et candidat à la mairie Jean-François Gosselin.

« C’est une immense fumisterie », a lâché le maire lors d’un point de presse en après-midi.

En matinée, le parti municipal de Jean-François Gosselin, Québec 21, avait présenté aux médias le projet de réseau structurant qu’il souhaitait développer en remplacement du tramway : un métro léger de 13,5 kilomètres reliant le parlement à Sainte-Foy.

« On se positionne pour les 100 prochaines années », a déclaré le chef de Québec 21 lors d’une grande conférence de presse au Centre des Congrès.

Baptisé « véhicule automatique léger souterrain électrique », pour l’acronyme VALSE, le projet évalué à 2,9 milliards de dollars serait complété par un Trambus de 4,5 kilomètres connecté à Lévis et Expo-Cité via le troisième lien, ainsi qu’à Beauport via la Colline parlementaire.

On se positionne pour les 100 prochaines années.

 

L’une des principales différences entre le VALSE et le tramway est que la plus grande partie du premier est souterraine, ce qui, souligne M. Gosselin, lui permet d’offrir un service plus rapide et sans entraves. Ce choix comporte aussi l’avantage de ne pas nécessiter de coupes d’arbres et le retrait d’espaces de stationnement, a souligné le chef de Québec 21. Contrairement au projet de l’administration Labeaume, dont le terminus se trouve dans le secteur Le Gendre, celui de Québec 21 se rend jusqu’au ministère du Revenu (Marly à Sainte-Foy) et au secteur de l’Aquarium, où serait situé son centre d’entretien.

C’est une immense fumisterie.

 

Deux fois plus cher, dit Labeaume

Si on se fie aux estimations de Québec 21, le coût du projet VALSE est similaire à celui du tramway de l’administration Labeaume (2,9 milliards de dollars comparativement à 3,1 milliards). Or, cette dernière a complètement réfuté ces chiffres.

« Si on creuse 13,5 km de tunnel à 358 millions de dollars le kilomètre, on arrive à un total de 4,83 milliards de dollars », a réagi le maire Régis Labeaume, qui évalue qu’il en coûterait plutôt 6 milliards pour réaliser l’ensemble.

La divergence découle du calcul du prix du tunnel au kilomètre. Québec 21 s’est basé sur une étude commandée par la Ville de Québec à Systra qui comparait le coût moyen de différents modes de transports dans le monde. On y mentionnait qu’un métro coûterait entre 100 et 200 millions de dollars du km et, en se basant sur le scénario du pire, Québec 21 calcule qu’à 200 millions du km, son projet totaliserait 2,92 milliards de dollars.

Or, selon l’administration Labeaume, les données de Systra ne tenaient pas compte des cas « extrêmes » de villes comme Québec où les coûts sont plus élevés en raison de la nature du sol et de l’hiver. Depuis la publication de cette étude, le Bureau de projet a d’ailleurs soumis des estimations qui chiffrent à 358 millions de dollars le coût au km d’un tunnel dans la capitale.

Quelle incidence sur la campagne ?

Plus tôt en journée, d’autres avaient aussi mis en cause la validité des calculs de Québec 21. Parlant d’un projet « aux coûts irréalistes », la candidate à la mairie du parti Transition Québec, Jackie Smith, n’y voyait « qu’une façade pour reporter » le projet de tramway.

Pour Québec forte et fière, un autre parti dans la course à la mairie, cette proposition constituait surtout une perte de temps. « Québec n’a pas à faire les frais d’un match revanche Labeaume-Gosselin », a déclaré son chef, Bruno Marchand.

Au-delà de la question des coûts, le projet de Québec 21 le rapproche idéologiquement des quatre autres partis qui sont dans la course à la mairie en se présentant, lui aussi, comme partisan d’investissements majeurs en transport en commun.

Pour ce parti poussé par un mouvement de défense des banlieues et du troisième lien contre des projets d’envergure en transport en commun, cela constitue assurément un virage. Interrogé à ce sujet mercredi, Jean-François Gosselin a dit que son équipe avait « évolué » depuis la campagne de 2017.

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