Labeaume rejette l’idée de patrouilles mixtes à Québec

Régis Labeaume ne croit pas à l'idée de créer des patrouilles mixtes.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Régis Labeaume ne croit pas à l'idée de créer des patrouilles mixtes.

Après avoir lancé un appel à un vaste débat sur la santé mentale, le maire de Québec, Régis Labeaume, a rejeté lundi l’idée de créer à Québec des patrouilles mixtes, où des travailleurs sociaux accompagneraient des policiers.

« On ne veut pas utiliser cette méthode-là », a tranché le maire, questionné lundi à ce sujet. « On ne veut pas de travailleurs sociaux avec les patrouilleurs. »

Plus tôt, le premier ministre François Legault avait dit avoir discuté de ce genre de projet avec le maire. « J’ai parlé avec M. Labeaume hier et, effectivement, on peut penser à des patrouilles mixtes, policiers, travailleurs sociaux. »

Or, après en avoir parlé avec le chef de police de Québec, Robert Pigeon, le maire Labeaume rejette l’idée.

« Ici, on a une organisation en qui on a confiance et qui est compétente et qui s’appelle PECH [Programme d’encadrement clinique et d’hébergement]. »

Depuis 1998, PECH offre en effet aux policiers un service de soutien psychiatrique et psychosocial 24 heures sur 24. Toutefois, ils n’accompagnent pas les patrouilleurs. Ces derniers les appellent plutôt au besoin, a posteriori, lorsqu’ils sont sur les lieux d’une intervention.  Le Devoir les avait d’ailleurs suivis sur le terrain, il y a plusieurs années déjà.

Ces interventions permettent d’éviter que des personnes malades soient judiciarisées et leur donnent la possibilité de dégriser ailleurs qu’au poste de police lorsqu’elles sont intoxiquées.

Selon le maire Labeaume, PECH souhaiterait même augmenter ses ressources de 50 % notamment en ajoutant des lieux d’hébergement pour les personnes en crise.

Une question récurrente

La semaine dernière, le sujet avait été discuté lors de l’enquête publique du Bureau du coroner sur les suicides et la mort de Suzie Aubé. Questionnée sur la pertinence d’être assistée de travailleurs sociaux sur la route, une policière s’était aussi montrée très réticente à cela.

« Il faudrait que ce soit très encadré », avait-elle dit avant d’ajouter que cela poserait « des problèmes de sécurité » et que ce serait « très, très difficile. »

À l’heure actuelle, de telles patrouilles existent à Montréal, mais seulement dans certains secteurs, ou encore à Gatineau.

À l’Association des psychiatres, on souhaite voir ces patrouilles se multiplier. « Il y a différents modèles qui existent, dont la patrouille mixte, mais à Montréal, il y en a une seule, et ce ne sont pas tous les quarts de travail qui sont couverts », a déclaré l’un de ces porte-parole, Olivier Farmer. « C’est nettement insuffisant. […] Ça prendrait au moins dix équipes comme ça juste pour Montréal et ça en prendrait à la grandeur du Québec. »

Une partie des fonds annoncés lundi par le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, permettrait d’ailleurs de les financer.

« Les intervenants psychosociaux peuvent s’occuper de l’évaluation, mais aussi faciliter l’arrimage aux soins », a signalé M. Farmer.

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