Pas de compteurs d’eau à Québec

À Québec, comme dans la majorité des villes au Québec, seuls les immeubles commerciaux et institutionnels ont des compteurs d’eau.
Photo: iStock À Québec, comme dans la majorité des villes au Québec, seuls les immeubles commerciaux et institutionnels ont des compteurs d’eau.

Malgré l’explosion de la consommation d’eau observée à Québec depuis deux mois, l’administration Labeaume exclut toujours d’installer des compteurs d’eau dans les résidences.

« Ce n’est pas dans les plans », a indiqué l’attaché de presse du maire François Moisan jeudi.

À Québec, comme dans la majorité des villes au Québec, seuls les immeubles commerciaux et institutionnels ont des compteurs d’eau.

Mercredi, la Ville annonçait que la consommation d’eau avait atteint des sommets depuis deux mois et qu’elle avait dû puiser dans ses réserves pour répondre à cette demande. Diverses interdictions d’arrosage et de nettoyage ont d’ailleurs été imposées jusqu’à nouvel ordre.

Pour réduire leur consommation d’eau, les villes peuvent aussi réduire les fuites dans les réseaux d’aqueduc ou encore subventionner l’achat d’équipements à faible consommation d’eau, comme le préconise la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable.

La Ville de Québec a notamment beaucoup investi dans la réduction des fuites en consacrant une équipe à temps plein à ce problème, ce qui a permis de faire baisser à 26 % les pertes.

Depuis 2013, la consommation d’eau à la grandeur du Québec a baissé de 26 %, mais nous demeurons malgré tout les plus grands consommateurs d’eau au Canada (28 % de plus que la moyenne, 55 % de plus que l’Ontario.

Aggravé par le réchauffement

Selon un rapport récent, les épisodes de pénurie d’eau risquent d’être de plus en plus fréquents à Québec en raison des changements climatiques. « La probabilité de vivre un épisode de pénurie doublera essentiellement pour le réseau de la ville de Québec », peut-on lire dans le document d’Ouranos diffusé en mars 2020 par la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ).

Par contre, ces épisodes ne seraient ni plus longs ni plus intenses, selon le document intitulé « Vulnérabilité des sources d’approvisionnement en eau potable de la CMQ face aux changements climatiques ».

Fait à noter, la rivière Saint-Charles est jugée plus vulnérable par les auteurs que la rivière Montmorency, alors que cette dernière est celle où l’étiage est le plus dramatique actuellement.

Le rapport rappelle en outre que la Ville a vécu une crise du genre en été 2002 où il y avait eu 42 jours consécutifs sans pluie. À la suite de cela, la décision avait été prise de raccorder l’usine de traitement de l’eau de Sainte-Foy au reste du réseau, ce qui donne à la Ville accès à 50 000 m3 d’eau de plus par jour en cas de pénurie.

Cela avait permis de minimiser les répercussions d’un autre épisode en 2010, au cours duquel on avait quand même dû installer une station de pompage dans la rivière Jacques-Cartier pour dévier l’eau vers la Saint-Charles.

Quant aux villes de Lévis et de La Côte-de-Beaupré, elles seraient beaucoup moins à risque en dépit du fait que leur population augmente moins rapidement que celle de Québec.

Les auteurs du rapport soulignent toutefois que la remontée du front salin dans le fleuve pourrait « être critique » pour Lévis dont les secteurs les plus au nord dépendent majoritairement de l’eau du Saint-Laurent.

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