La Ville de Québec met à pied 2000 employés non-réguliers

Québec est la première grande ville à prendre des moyens aussi draconiens pour réduire ses dépenses depuis l’éclosion du coronavirus.
Photo: Francis Vachon Archives Le Devoir Québec est la première grande ville à prendre des moyens aussi draconiens pour réduire ses dépenses depuis l’éclosion du coronavirus.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a annoncé mardi qu’il avait mis à pied plus du quart des employés de la Ville, une décision sans précédent dans le monde municipal.

Au total, 1600 personnes ont été mises à pied la semaine dernière et 400 mardi. Elles ont été licenciées « pour des raisons de non-nécessité et d’équité envers nos concitoyens et concitoyennes, qui eux-mêmes ont perdu leur emploi », a dit le maire.

Certaines travaillaient dans les piscines municipales ; d’autres, dans le secteur des loisirs. La liste inclut aussi des cols bleus et des cols blancs à statut précaire. Au total, ces mises à pied équivalent à 27 % de tout le personnel.

« Aux 2000 personnes qu’on a dû mettre à pied, on est désolés, mais on pense que c’est justice, que c’est équitable pour tous ceux et celles qui payent vos salaires », a plaidé M. Labeaume. On espère vous réembaucher [plus tard] quand nous remettrons en marche les services de la Ville. Mais jusqu’à date, on verra. »

L’annonce en a été faite en après-midi lors d’un point de presse diffusé en direct sur la plateforme Twitter. La plupart des journalistes posaient leurs questions à distance au téléphone.

Par ailleurs, environ 27 % des employés qui subsistent font actuellement du télétravail et 3200 sont affectés aux services essentiels, soit le traitement des eaux, l’entretien des conduites, la sécurité du réseau routier, l’entretien des infrastructures, le déneigement, le 911, les policiers, etc.

Baisse de revenus

Québec est la première grande ville à prendre des moyens aussi draconiens pour réduire ses dépenses depuis l’éclosion du coronavirus.

La mise sur pause de l’économie prive la Ville de toutes sortes de revenus clés, comme les taxes liées aux transactions immobilières. En même temps, ses dépenses n’augmentent pas puisque la plupart des services sont maintenus.

L’administration Labeaume a par ailleurs annoncé la semaine dernière qu’elle donnait à ses citoyens un sursis pour le paiement des taxes foncières, qui pourra être effectué jusqu’au mois d’août.

La Ville veut par contre éviter à tout prix de reporter ses projets d’infrastructures. « Emprunter 100 millions aujourd’hui, ça nous coûterait 1,2 million dans la prochaine année , a signalé le maire.  C’est vous dire combien emprunter est facile. »

« Il faut qu’il se fasse de l’investissement en infrastructure pour qu’il se donne des contrats et que les gens travaillent et qu’ils consomment. »