Québec veut loger des aînés au-dessus des centres d’achats

Le maire Labeaume laisse entendre que l’ajout de résidences aux étages supérieurs des centres commerciaux pourrait leur procurer de nouveaux revenus.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le maire Labeaume laisse entendre que l’ajout de résidences aux étages supérieurs des centres commerciaux pourrait leur procurer de nouveaux revenus.

Pour faire face au vieillissement de la population, la Ville de Québec veut «encourager » la construction de résidences privées pour personnes aînées au-dessus des centres d’achats.

Cette mesure figure dans la nouvelle Vision de l’habitation 2020-2030 dévoilée mercredi au Centre des Congrès.

Le document prévoit une « modification de zonage des centres commerciaux accordée aux promoteurs privés en fonction de la qualité des projets ».

On recense dans la capitale environ 80 centres commerciaux, mais la Ville souhaite privilégier les plus petits. Seraient ainsi exclus Place Laurier, Place Sainte-Foy, les Galeries de la Capitale et Place de la Cité. La formule a par ailleurs été testée avec succès au Mail Cap-Rouge, a signalé la vice-présidente du comité exécutif, Marie-Josée Savard.

Après les avoir qualifiés à plusieurs reprises de « galettes », le maire Régis Labeaume a souligné mercredi que les centres commerciaux sont importants « parce que ce sont des services de proximité ».

L’ajout de résidences aux étages supérieurs aurait aussi l’avantage de procurer aux centres commerciaux de nouveaux revenus, alors que ces derniers subissent durement la concurrence du commerce en ligne, a-t-il fait remarquer. Les magasins de type « power-center » seraient aussi admissibles à la nouvelle réglementation.

Condominiums

Au total, la Ville prévoit de favoriser 2000 places en résidences privées pour aînées, d’ici cinq ans, pour répondre au vieillissement de la population.

Sa stratégie prévoit la réalisation de 1495 logements sociaux sur cinq ans pour les aînés sur un total de 2600. L’administration Labeaume souhaite qu’un maximum de ses logements puissent être construits le long du tracé du réseau structurant pour empêcher « l’embourgeoisement » de ces secteurs. Toutefois, il lui faudra « aller chercher le soutien de partenaires externes » si elle veut y parvenir, convient-on dans le document.

Pour acquérir des terrains, la Ville table en outre sur la création d’une réserve foncière de 20 millions de dollars. Cette mesure a été saluée par le Front d’appropriation populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Mais le Bureau d’animation et information logement (BAIL) s’insurge de l’absence dans la vision de mesures pour freiner la transformation d’appartements en logements touristiques ou en condominiums.

Questionné à cet égard, le maire a rétorqué que son équipe étudiait actuellement la possibilité de rétablir le moratoire sur les conversions en condominiums étant donné que le taux d’inoccupation est sous la barre des 3 %.

Logements accessoires

Autre changement, la Ville ouvre aussi la porte aux mini-maisons et aux logements accessoires sur des terrains privés. « Tu n’es pas obligé d’avoir une petite maison sur le coin du terrain. Tu peux avoir un logement sur le toit du garage, dans le garage », a mentionné le maire Labeaume.

À l’heure actuelle, la ville ne l’interdit pas, mais le maire affirme que la réglementation est si « compliquée » que cela revient à décourager les gens de le faire.

Ce genre de formule, a-t-il soutenu, pourrait permettre à des gens de loger près d’eux leurs parents vieillissants ou encore des enfants durant leurs études.

On n’est toutefois loin de la coupe aux lèvres puisqu’« un grand travail sur la réglementation » sera requis pour y arriver, a expliqué M. Labeaume. La nouvelle vision de l’habitation doit aussi dans un premier temps, faire l’objet d’une consultation publique.

La Ville a également présenté mercredi un Plan d’action en agriculture urbaine favorable à la garde de poules et l’élevage d’abeilles en milieu urbain.

Elle souhaite autoriser les jardins sur les toits, en plus d’ajouter de jardins communautaires (on en recense 28 à l’heure actuelle). Ses engagements en la matière ne sont toutefois pas chiffrés.