Une campagne de 2,5 millions pour vendre le tramway

Le projet de la Ville de Québec prévoit l’ajout d’une ligne de tramway de près de 23 kilomètres, de trambus et d’infrastructures dédiées.
Photo: Ville de Québec Le projet de la Ville de Québec prévoit l’ajout d’une ligne de tramway de près de 23 kilomètres, de trambus et d’infrastructures dédiées.

La Ville de Québec se prépare à lancer une vaste campagne de publicité pour améliorer l’adhésion populaire au projet de réseau structurant et répliquer à ceux qui jugent que la Ville « fait la guerre aux automobilistes ».

« À la fin de la campagne […], les préjugés persistants sur le réseau du transport en commun auront été contrés [ex. : « un tramway ne fonctionne pas en hiver », « le tramway va éventrer le centre-ville de Québec », « un métro serait mieux qu’un tramway », « les gens vivant en périphérie sont exclus du projet », « La Ville de Québec fait la guerre aux automobilistes »] », peut-on lire dans le libellé des objectifs de la campagne publicitaire.

Ces informations figurent dans un appel d’offres lancé mercredi afin de recruter une agence de communication. Dans les documents, la Ville estime à 2,5 millions de dollars les coûts d’une telle campagne.

Mercredi, le ministre des Transports François Bonnardel avait invité la Ville à mieux vendre son projet. « Je m’attends à ce qu’ils fassent mieux », avait-il déclaré lors d’une mêlée de presse au Parlement.

M. Bonnardel réagissait alors à la création du mouvement « Tramway, non merci ! », un groupe citoyen qui organise une manifestation contre le projet le 29 mars.

Rappelons que le Réseau structurant est un projet de transport collectif de 3,3 milliards de dollars qui prévoit l’ajout d’une ligne de tramway de près de 23 kilomètres, de trambus et d’infrastructures dédiées. L’échéancier prévoit que le chantier débute en 2022 et que le réseau complet soit mis en service en 2026.

La campagne pour bientôt

La Ville est visiblement pressée d’agir puisque l’échéancier prévoit une première rencontre « de démarrage » dès la mi-février alors que l’échéance de l’appel d’offres est fixée au 4 mars.

La campagne doit se déployer en deux phases en avril et en septembre 2020. Elle « devra accroître le taux d’adhésion des citoyens de la grande région de Québec envers le projet. »

On ajoute plus loin dans les documents qu’à la fin de la campagne, « la vaste majorité des citoyens de Québec » appuieront le projet et les « avantages » de ce dernier. Ces avantages seront « bien compris » des citoyens, qu’ils soient automobilistes, cyclistes, piétons ou utilisateurs du transport actif », poursuit-on.

Pour rallier la population au projet, la Ville tiendra en même temps que la campagne des séances publiques avec des « comités de bon voisinage ». La première d’entre elles est prévue pour le soir du 16 avril au Club social Victoria, dans la basse-ville de Québec. Trois autres séances sont prévues les 23, 27 et 29 avril à Sainte-Foy et dans le secteur Limoilou-Charlesbourg. « Le comité de bon voisinage demeure le lieu central de participation, l’instance où toute la population est conviée pour en savoir plus sur l’avancement du projet de réseau structurant de transport en commun et partager ses préoccupations avec les responsables du projet », a déclaré la vice-présidente du comité exécutif dans un communiqué.