Migration vers le bus à l’Université Laval

Pour financer le service, les étudiants ont chacun payé 120 $ de plus sur leur facture pour la session.
Photo: Clément Allard Archives Le Devoir Pour financer le service, les étudiants ont chacun payé 120 $ de plus sur leur facture pour la session.

La part modale du bus est en forte hausse sur le campus de l’Université Laval. Depuis la mise en place d’un laissez-passer gratuit pour les étudiants l’automne dernier, on a recensé près de 600 000 déplacements supplémentaires en transport en commun.

« Ce sont des données préliminaires, mais c’est tellement positif qu’on a décidé de les sortir », a expliqué le président du Réseau de transport de la capitale (RTC), Rémy Normand.

Entre la session d’automne 2018 et celle de 2019, le nombre de voyages en bus par des étudiants est passé de 3,7 millions à 4,3 millions, une hausse de 16 %. Du côté de Lévis, l’augmentation est encore plus marquée, à 18,9 %.

Le laissez-passer universel (LPU) était offert à tous les étudiants à temps complet. Pour financer le service, les étudiants ont chacun payé 120 $ de plus sur leur facture pour la session.

La décision d’opter pour cette formule avait été prise lors d’un vote organisé par les associations étudiantes. À l’automne 2018, 54 % des étudiants du premier cycle avaient voté pour et 72 % avaient fait de même aux cycles supérieurs.

Avant cela, le laissez-passer étudiant coûtait 60 $ par mois. Le prix d’une vignette de stationnement sur le campus oscille quant à lui entre 264 et 528 $ par session.

Quel effet sur la circulation ?

Les ventes de vignettes de stationnement ont d’ailleurs diminué de 21 % chez les étudiants, selon la direction de l’Université. Est-ce à dire que la congestion a diminué autour du campus aux heures de pointe ?

« Le vice-recteur nous a dit que l’entrée le matin se faisait beaucoup mieux qu’auparavant », a souligné M. Normand, qui mentionne que des analyses plus fines seront réalisées à la fin de l’an un.

Or en plus du LPU, un autre facteur pourrait expliquer la fluidité de la circulation, dit-il, parce que les heures des cours ont été étalées dans le temps.

En effet, l’Université a commencé en 2018 à modifier ses horaires de façon à réduire la congestion automobile. Ainsi, les cours du matin ne commencent plus tous à 8 h 30, mais aussi à 9 h dans 14 % des cas.

Pour la suite des choses, le RTC espère convaincre encore plus d’étudiants d’adopter le LPU. Sur les 29 000 étudiants y ayant droit, 24 900 sont allés en chercher un, et on voudrait donc convaincre certains des 4000 autres de s’en prévaloir. « Il y a probablement de bons motifs pour ne pas l’utiliser, mais il y a peut-être encore un certain nombre qui pourraient l’utiliser. »

Les données sur l’utilisation révèlent par ailleurs que 94 % des gens qui ont réclamé leur LPU l’ont utilisé au moins une fois. En moyenne, on recense toutefois 70 déplacements par session par personne.

L’Université Laval n’est pas la première à faire un tel virage. L’Université de Sherbrooke a offert le bus gratuit à ses étudiants dès 2004. Or la formule était différente puisque l’Université finançait elle-même le service. Avec les années, devant l’engouement pour le service, des frais afférents y ont aussi été imposés afin de maintenir le service.