Tramway: Québec dépose son étude d’impact environnemental

Dans le Vieux-Québec, le tramway passera sous terre à partir du boulevard René-Lévesque, jusque dans le cœur du quartier Saint-Roch.
Photo: Ville de Québec Dans le Vieux-Québec, le tramway passera sous terre à partir du boulevard René-Lévesque, jusque dans le cœur du quartier Saint-Roch.

La construction du tramway dans la capitale va notamment forcer l’abattage de nombreux arbres le long du boulevard René-Lévesque et la destruction de milieux humides.

Au total, on estime que 49 500 m2 de milieux humides seront touchés, soit l’équivalent de sept terrains de football, révèle la volumineuse étude d’impact environnemental déposée par la Ville mardi.

La plupart de ces tourbières et marécages se trouvent dans le secteur Legendre, où doit être construit le centre d’entretien des trains.

D’une longueur de 23 kilomètres, le tracé du tramway relie le secteur Legendre à Charlesbourg. Entre les deux, le corridor passera par le boulevard Laurier, l’Université Laval, le boulevard René-Lévesque, le Vieux-Québec, le quartier Saint-Roch et Limoilou.

Abattage d’arbres

Un nombre important d’arbres matures devront être abattus sur le boulevard René-Lévesque afin de libérer de l’espace, a expliqué Laurence Goesel, directrice de projets à la firme AECOM lors de la présentation de l’étude à l’hôtel de ville.

Mme Goesel était accompagnée du directeur de projet Daniel Genest, connu pour avoir aussi coordonné le chantier du pont Champlain, à Montréal. Mardi, les deux n’étaient pas en mesure de dire combien d’arbres devront être abattus.

L’étude de plus d’un millier de pages a été déposée au ministère de l’Environnement mardi.

Ce dernier devra ensuite évaluer si elle est complète et si elle justifie la tenue d’audiences par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Des fouilles dans le Vieux-Québec ?

Étant donné l’emplacement central du parcours, notamment dans le Vieux-Québec, l’étude avance que la trame archéologique risque aussi d’être« perturbée », mais on ignore ce qui se trouve dans le sous-sol aux endroits ciblés. Des fouilles en amont du projet devront donc être réalisées pour protéger d’éventuels artefacts.

Rappelons que dans le Vieux-Québec, le tramway passera sous terre. D’une longueur de 3,5 kilomètres, le tronçon sous forme de « métro » débutera sur le boulevard René-Lévesque, à la hauteur de la rue des Érables, pour se terminer dans le coeur de Saint-Roch, à l’angle de La Couronne et de Charest.

Dans l’ensemble, l’étude estime que les « plus grandes perturbations » se feront sentir pendant la phase de construction, et qu’elles seront temporaires. En revanche, le projet apportera « des bénéfices importants et permanents » pendant la phase d’exploitation, « à l’exception de deux impacts visuels ».

Ces deux exceptions sont l’abattage d’arbres sur le boulevard René-Lévesque, comme mentionné plus haut, et le remplacement du pont Drouin, situé à l’entrée du quartier Limoilou, par un pont plus large, qui se trouvera au sud de l’emplacement actuel.

Positif pour 65 % de la population

L’étude énumère en revanche une série d’effets positifs, comme la stimulation économique, des retombées fiscales, la réduction de la congestion routière, l’ajout d’infrastructures neuves et la réduction à long terme des émissions de gaz à effet de serre (GES), entre autres choses.

Il faudra toutefois attendre six ans après la mise en service avant que le bilan de GES soit positif, puisque 91 000 tonnes de GES seront émises pendant la phase de construction.

La Ville évalue que, grâce au projet, 65 % de la population aura accès à du transport en commun à moins de 800 mètres de marche, et ce, vers 81 % des emplois du territoire. Elle plaide que le réseau structurant pourra absorber des milliers de déplacements qui seraient autrement passés par l’auto et ainsi limiter la dégradation des conditions de circulation qui point à l’horizon.

Le maire Régis Labeaume a signalé au BAPE qu’il souhaitait la tenue d’audiences publiques. Le consortium qui réalisera le projet doit être choisi à l’automne 2021.

Estimé à 3,3 milliards, le projet du réseau structurant comprend aussi un trambus de 15 kilomètres, qui traversera la ville d’est en ouest, et l’ajout de voies réservées. Ces deux volets n’ont toutefois pas été étudiés dans le cadre de l’étude d’impact.Les travaux du réseau structurant doivent débuter en 2022 en vue d’une mise en service en 2026.