Budget de la Ville de Québec: les investissements publics explosent

Régis Labeaume présentait lundi son 14e budget à la Ville de Québec.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Régis Labeaume présentait lundi son 14e budget à la Ville de Québec.

Le projet de réseau structurant fait gonfler les investissements publics dans la capitale avec des investissements records estimés à près de 5 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années.

De cette somme, 1,8 milliard découle du projet de tramway à lui seul. Estimé à 3,3 milliards de dollars, ce projet est surtout financé par Québec et Ottawa, qui vont investir respectivement 55 % et 36 % des fonds d’ici à 2026. La Ville elle-même prévoit injecter 300 millions de dollars dans l’aventure.

Malgré ces investissements jamais vus, la dette de la Ville continue de baisser, ont souligné les représentants des finances, lundi, lors de la présentation du budget. Ainsi, la dette nette doit baisser de 11,7 millions en 2020 jusqu’à 1,5 milliard de dollars.

Elle baisse toutefois moins vite que ce que la direction générale avait prévu l’an dernier (28 millions de dollars). Questionnés à ce sujet, les fonctionnaires ont expliqué que cet écart n’était pas lié à des travaux spécifiques, mais à la volonté générale de ne pas retarder des travaux. « Ce qui nous importe, c’est que la dette baisse », a quant à lui répété le maire Régis Labeaume en conférence de presse.

À ceux qui pourraient trouver la Ville trop dépensière, il rétorque qu’il est « opportuniste financièrement » en profitant au maximum des subventions gouvernementales quand les taux d’intérêt sont bas.

En plus du réseau structurant, le transport en commun en général fera l’objet d’investissements importants ces prochaines années avec 545 millions de plus pour le reste des services du Réseau de transport de la capitale (RTC) et 160,1 millions pour l’électrification de la flotte.

Au total, ce sont donc 52 % de tous les investissements prévus pour les cinq prochaines années qui iront au transport en commun.

La centrale de police

La Ville de Québec change en outre ses façons de faire cette année en présentant un programme d’immobilisations non pas sur trois, mais sur cinq ans, une méthode plutôt inusitée dans le monde municipal. « Regardez ben ça aller, ils vont nous suivre », a dit le maire à ce sujet. « On part des modes, nous autres, à Québec. »

Mais l’opposition voit plutôt dans cela une tactique pour amortir sur plusieurs années des investissements trop lourds. « Le maire a décidé d’étirer les paiements sur cinq ans au lieu de trois », a déclaré le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin.

« Il y a plusieurs projets qui risquent d’être reportés », a dit quant à lui à ce sujet le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau.

La Ville a notamment étalé sur quatre ans la construction de la nouvelle centrale de police dont les coûts ont explosé depuis l’an dernier, passant de 72 à 124 millions.

Dans le budget, la Ville prévoit ainsi investir seulement 1 million dans le projet l’an prochain, 28 millions en 2021, 44 millions en 2022 et enfin 25 millions en 2023.

Le Centre Vidéotron

Régis Labeaume présentait lundi son 14e budget à la Ville de Québec. Comme chaque année, les taxes sont contenues au niveau de l’inflation à 1,3 % en moyenne dans le commercial comme dans le secteur résidentiel.

Avec la diminution du poids des dettes des anciennes villes, la ponction moyenne baisse toutefois à 1,1 % dans le résidentiel.

Ainsi, les propriétaires d’une résidence évaluée à 283 000 $ paieront en moyenne une quarantaine de dollars de plus cette année pour leurs taxes foncières, soit 2881 $ en moyenne.

Cette année, le budget s’élève à 1,55 milliard avec des dépenses supplémentaires de 49 millions par rapport à l’an dernier.

Parmi les ajouts budgétaires, on remarque notamment l’augmentation des investissements payés comptant (+ 15 millions), la hausse de la facture des contrats de collecte des déchets (3,9 millions) comme celle du déneigement (8,1 millions).

À une plus petite échelle, on remarque aussi l’ajout d’une « réserve » de 1,5 million pour assurer la pérennité du Centre Vidéotron. « Au bout de cinq ans, il y a des affaires qui [s’]usent », a dit à cet égard le maire en donnant l’exemple des tapis.

La Ville prévoit par ailleurs récolter des revenus de 700 000 $ avec les ventes de billet au Centre cette année, a-t-il signalé.

Les coûts liés aux régimes de retraite sont en outre en baisse notamment grâce à la qualité des rendements. Ils passent ainsi de 89 à 78,7 millions. C’est beaucoup moins que le sommet de 120 millions atteint en 2014-2015, mais encore bien plus que ce que cela représentait avant la crise de 2008 (53,3 millions en 2007).