Tramway de Québec: une étude suggère des mesures antibruits

Systra suggère notamment d’installer un écran antibruit et des dispositifs contre le bruit de crissement en courbe. Une fois les mesures de mitigation ajoutées, la firme estime que le projet n’aura pas de répercussions négatives sur 95% de la ligne.
Photo: Ville de Québec Systra suggère notamment d’installer un écran antibruit et des dispositifs contre le bruit de crissement en courbe. Une fois les mesures de mitigation ajoutées, la firme estime que le projet n’aura pas de répercussions négatives sur 95% de la ligne.

La Ville de Québec gagnerait à faire des aménagements pour limiter le bruit causé par le futur tramway dans certains secteurs, selon une étude.

Dans un rapport présenté jeudi, la firme Systra recommande l’installation d’un écran antibruit près de la rue Pie-XII à Sainte-Foy.

Dans ce secteur, le tracé du tramway passe dans la cour arrière des maisons, sur des terrains gazonnés appartenant à Hydro-Québec. L’impact sonore du projet y est plus grand parce qu’il s’agit d’un secteur résidentiel où il y a peu de bruit à l’heure actuelle.

Ces derniers mois, des habitants de cette rue ont d’ailleurs tenté, sans succès, de convaincre l’administration Labeaume de ne pas faire passer le tramway derrière leurs maisons.

Jeudi, le vice-président du comité exécutif, Rémy Normand, a soutenu que la Ville allait redoubler d’efforts pour limiter le son même si les mesures d’atténuation fonctionnent. « On va s’assurer de garder un oeil ouvert, parce que c’est un changement important pour ces gens-là, ce qu’on veut faire. »

Une rencontre entre les représentants de la Ville et les résidents est d’ailleurs prévue le 4 décembre.

Or le porte-parole des résidents qui s’opposent au projet, Denis Lemay, n’est aucunement rassuré par l’étude présentée jeudi. « C’est de la foutaise, de la bouillie pour les chats, a-t-il dit. En arrière de chez moi, j’aimais ça m’asseoir sur mon patio, prendre un verre […] et là, je ne pourrai plus le faire. »

M. Lemay affirme que la Ville devrait modifier son tracé pour qu’il n’ait pas à passer dans sa cour arrière. Une proposition qui a reçu l’appui des partis d’opposition à la Ville. « Pour ce tronçon-là, on devrait envisager un autre trajet », a affirmé jeudi le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau. Or M. Normand a réitéré que la Ville n’entendait pas revenir là-dessus.

Les effets positifs d’un tunnel

Le rapport de Systra fait partie des études d’impact du projet de réseau structurant que la Ville doit déposer au ministère du Développement durable pour aller de l’avant avec son projet.

Dans le document, Systra suggère aussi d’installer des dispositifs contre le bruit de crissement en courbe et de faire un entretien acoustique de la voie. Ces spécifications s’ajouteraient alors aux exigences imposées aux consortiums dans le cadre de l’appel d’offres.

Une fois les mesures de mitigation ajoutées, la firme estime que le projet n’aura pas de répercussions négatives sur 95 % de la ligne.

Le 5 % restant concerne l’angle du chemin des Quatre-Bourgeois et du boulevard Pie-XII, où l’intersection ne permet pas d’installer un écran.

À cet endroit, un impact dit « modéré » de 3 à 5 décibels subsisterait. On parle en outre d’une incidence sonore faible à une autre intersection, celle des boulevards Pie-XII et du Versant-Nord, et le long de la rue de la Couronne.

Par ailleurs, le tramway aurait pour effet de réduire le bruit ambiant sur 21 % du parcours (4,5 km) dans les secteurs en tunnel, où il se substituerait à l’autobus. De façon générale, le bruit d’un tramway oscille autour de 75 décibels, sous le seuil à risque de 84 décibels. Le bruit d’une voiture est de 80 dB ; celui d’un bus, entre 75 et 85 dB.

Lieux sensibles

Systra a en outre présenté jeudi une étude sur les vibrations provoquées par les tramways et sur leurs répercussions possibles à Québec. Il en ressort que les sites de l’hôpital Saint-François d’Assise, du Grand Théâtre de Québec et de l’INRS pourraient en souffrir.

Les laboratoires, les hôpitaux et les salles de théâtre sont généralement considérés comme des lieux très sensibles aux vibrations, et ces établissements sont situés le long du tracé.

Selon la firme, les vibrations pourraient être atténuées grâce à l’aménagement de semelles élastiques sous les rails et de tapis sous la dalle. Systra recommande qu’on minimise l’impact sonore des climatiseurs et des compresseurs d’énergie qui se trouvent sur le toit du tramway.

La Ville a jusqu’au 21 décembre pour déposer au ministère du Développement durable l’ensemble des études d’impact qu’elle a commandées. Des études sur la circulation et sur l’achalandage doivent notamment être présentées aux médias d’ici là.

Selon le vice-président du comité exécutif de la Ville, Rémy Normand, l’étude de circulation devrait expliquer certaines données étonnantes contenues dans le rapport de Systra.

Ce dernier avance que le trafic routier va augmenter de 65 % dans la rue de la Couronne sans dire pourquoi et sans faire référence à des données précises. Or la logique voudrait plutôt que l’arrivée d’un réseau structurant souterrain à cet endroit et le retrait des autobus réduisent le trafic plutôt que de l’augmenter.