Québec veut aussi améliorer son bilan de sécurité piétonnière

Entre 2012 et 2016, treize piétons sont décédés lors de collision sur le territoire de la ville de Québec.
Photo: Marc Dufresne iStock Entre 2012 et 2016, treize piétons sont décédés lors de collision sur le territoire de la ville de Québec.

Si Québec fait meilleure figure que Montréal en ce qui concerne le nombre de décès de piétons, la Ville ne s’en estime pas pour autant satisfaite.

Lundi, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) n’était pas en mesure de fournir le nombre de piétons décédés à Québec cette année. Or on sait qu’entre 2012 et 2016 treize piétons sont décédés lors de collision sur le territoire de la ville de Québec.

Globalement, la capitale a un taux moyen de piétons victimes par tranche de 100 000 habitants de 31,7, par rapport à 63,5 dans la métropole. C’est mieux qu’à Laval (37,4), mais plus élevé qu’en Montérégie (25,5).

Consultation en cours

Des résultats que la Ville elle-même juge insuffisants. C’est pourquoi elle lançait en octobre une stratégie de sécurité routière qui vise à réduire de 50 % le nombre de collisions mortelles d’ici à 2024.

Pour y arriver, l’administration Labeaume propose notamment de réduire les limites de vitesse dans certaines zones de 50 km/h à 30 km/h. On parle aussi d’ajouter des mesures de sensibilisation à l’échelle locale et d’un pacte citoyen signé par tous les usagers de la route, l’ajout de trottoirs dans les zones où il y a le plus d’accidents.

La Stratégie fait actuellement l’objet d’une consultation qui doit prendre fin en janvier 2020.

Même si cette stratégie a été plutôt bien accueillie, certains estiment qu’il faudrait élargir encore la réflexion.

Étienne Grandmont, d’Accès transports viables (ATV), donne l’exemple positif des feux piétons qui sont 100 % réservés aux marcheurs à Québec et ne sont pas inclus dans le cycle des lumières comme dans la métropole. « En théorie, ça protège les piétons grâce à un passage exclusif, mais en même temps, à Québec, le virage à droite au feu rouge est permis », fait-il remarquer.

Il ajoute que la coordination à distance des feux de circulation sur le territoire fait en sorte que les feux piétons se font très rares à certains endroits à l’heure de pointe. « Les piétons se tannent d’attendre, souvent se lancent entre deux feux de circulation et se mettent en danger. Dans ce cas-là, c’est le piéton qui est délinquant, mais ce comportement-là découle d’une infrastructure qui n’est pas adéquate. »

Questionné lundi à ce sujet à l’hôtel de ville, le maire de Québec, Régis Labeaume, a mentionné que la Ville allait ajouter des feux piétons et qu’elle allait aussi augmenter la durée de traversée à certains feux piétons, notamment dans les zones où résident beaucoup de personnes âgées. « On a un plan global », a-t-il dit.

Dans les rangs de l’opposition, les avis sont partagés sur ce plan. Jean-François Gosselin, de Québec 21, se dit « content » que la Stratégie fasse l’objet d’une consultation. Or Jean Rousseau, de Démocratie Québec, juge le plan insuffisant. Selon lui, la Ville se concentre trop sur des « mesures de sensibilisation » alors qu’il faut travailler plus sur l’aménagement des trottoirs.