Québec s’inspire de Montréal pour l'aide aux commerçants

Inspiré par le projet-pilote mené sur la rue Sainte-Catherine à Montréal (photo), le programme de la Ville de Québec permettra aux commerces d’obtenir jusqu’à 30 000$ par an en compensations.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Inspiré par le projet-pilote mené sur la rue Sainte-Catherine à Montréal (photo), le programme de la Ville de Québec permettra aux commerces d’obtenir jusqu’à 30 000$ par an en compensations.

La Ville de Québec a annoncé lundi qu’elle comptait créer un programme pour indemniser les commerçants qui subissent des pertes en raison de ses chantiers. Inspiré par le projet-pilote mené rue Sainte-Catherine, à Montréal, le programme permettra aux commerces d’obtenir jusqu’à 30 000 $ par an en indemnisations.

« Notre administration a entendu les commerçants », a déclaré le maire Régis Labeaume lors d’une annonce lundi après-midi. Au cours de l’été, son administration avait reçu un flot de critiques des commerçants de la route de l’Église, dont les revenus avaient été plombés par des travaux.

Les commerçants de la route de l’Église sont d’ailleurs spécifiquement ciblés par ce programme puisqu’ils auront droit à des indemnisations rétroactives pour les pertes subies cet été même si le programme ne sera pas en vigueur avant les prochaines semaines.

À cette exception près, le programme ne sera pas rétroactif, comme l’est celui développé par la mairesse Valérie Plante à Montréal, a signalé le maire, qui a souligné qu’il s’était en bonne partie inspiré de l’expérience de la métropole pour le reste.

Questionné sur les ratés du programme montréalais, qui ne s’est pas révélé très populaire, le maire a affirmé qu’il entendait rendre le processus moins bureaucratique, mais n’était pas encore en mesure de dire comment il allait s’y prendre.

Autre différence avec Montréal, le programme de Québec prévoit un premier versement de 5000 $ pour tous les commerçants admissibles avant même qu’ils aient fait la preuve d’une perte de bénéfice brut supérieure à 15 %. Le programme permettra notamment d’indemniser les commerçants affectés par le chantier du futur parcours du tramway. La ville estime que l’ensemble lui coûtera en moyenne 5 millions de dollars par an.

 

Pour y être éligibles, les commerçants devront être affectés par des travaux d’une durée minimale de 4 mois. Ils devront en outre démontrer que l’accessibilité physique à leur bâtiment joue un rôle « déterminant » dans leurs activités.

 

Les commerçants ravis

 

Cette annonce a été très bien accueillie par les commerçants. «C’est une belle victoire», a réagi Bertrand de Lépinay, directeur du restaurant Portofino de la route de l’Église qui avait réclamé une aide pendant tout l’été en vain. «Mieux vaut tard que jamais», a-t-il dit en mentionnant que dans le passé le maire avait affiché «un refus quasi catégorique» à une aide. «On est très très contents».

 

Les gens d’affaires sont d’autant plus satisfaits qu’en plus de l’aide directe aux commerces, la ville compte offrir un budget de 30 000 $ par chantier aux Sociétés de développements commerciales (SDC) des secteurs touchés pour faire de la promotion et de l’animation durant les travaux.

 

Dans les rangs de l’opposition, on reproche toutefois au maire et à son équipe d’avoir tardé à réagir dans ce dossier. «Ça fait des mois que les commerçants mordent la poussière», a déclaré le chef de Québec 21 Jean-François Gosselin. «Il est temps qu’on arrive avec quelque chose.