Les critiques contre le projet de tramway à Québec prennent de l’ampleur

Le projet de tramway suscite des inquiétudes au sein de la population ces derniers jours, au point où le groupe d’opposants au trajet dans le secteur de Sainte-Foy commence à s’étendre ailleurs sur le territoire.
Photo: Ville de Québec Le projet de tramway suscite des inquiétudes au sein de la population ces derniers jours, au point où le groupe d’opposants au trajet dans le secteur de Sainte-Foy commence à s’étendre ailleurs sur le territoire.

Les consultations tenues par la Ville de Québec sur le projet de tramway ont contribué à susciter de nouvelles inquiétudes au sein de la population ces derniers jours, au point où le groupe d’opposants au trajet dans le secteur de Sainte-Foy commence à s’étendre ailleurs sur le territoire.

« Les résidents à proximité du tracé n’ont pas choisi ça. On n’a pas eu d’explications claires [sur] la façon [dont] ce serait géré », a déclaré Denise Tousignant, une opposante parmi ceux qui se sont manifestés mercredi.

Mme Tousignant est propriétaire d’un magasin d’aliments biologiques dans Limoilou, sur la 1re Avenue. Le tramway doit passer juste devant. Les trois consultations tenues par la Ville cette semaine l’ont inquiétée plus qu’autre chose. « On sait qu’il va y avoir 18 expropriations, mais le reste, on ne le sait pas », dit-elle.

Mercredi, elle participait à un petit point de presse au côté de quatre autres citoyens critiques du projet de tramway : un résident et un marchand de chaussures du quartier Montcalm, dans le centre-ville, et deux résidents de la rue Pie-XII qui s’opposent à ce que le tramway passe sur l’emprise d’Hydro-Québec dans leur arrière-cour.

On se mobilise parce qu’on trouve qu’on n’a pas de réponses

« On se mobilise parce qu’on trouve qu’on n’a pas de réponses », a dit Pierre Masson, fondateur du groupe qui se mobilise contre le tracé depuis novembre dans le secteur de Sainte-Foy.

M. Masson dit être en accord avec le réseau structurant, mais reproche à la Ville d’imposer un trajet et de ne pas fournir assez d’informations sur le bruit, les compensations pour les commerces, les cases de stationnement qui seront perdues, entre autres. Mercredi, il lançait un site Internet pour étendre la mobilisation à d’autres secteurs de la ville.

Devant les médias, il a aussi reproché au responsable du projet à la Ville, Rémy Normand, son manque d’ouverture aux commentaires critiques pendant les consultations.

À titre de président du Réseau de transport de la capitale (RTC) et de vice-président du comité exécutif, M. Normand est le principal responsable du projet de tramway à Québec, surtout depuis le départ en congé de maladie du maire Régis Labeaume.

Mercredi, le chef de l’opposition à la Ville, Jean-François Gosselin, a lui aussi attaqué son style, qu’il a qualifié « d’arrogant ». Invité à réagir à ces critiques, M. Normand ne s’est pas rendu disponible et n’a pas rappelé Le Devoir mercredi.

Au-delà de l’attitude de M. Normand, les consultations constituent un échec cuisant aux yeux de M. Gosselin. « C’est complètement raté, a-t-il dit. C’était censé rassurer la population, ça a eu l’effet inverse. »

Il reproche à la Ville de ne pas avoir pu dire « à quels carrefours on ne pourra pas traverser le long du parcours », ou encore quelles mesures allaient être prises pour assurer la sécurité des piétons et des cyclistes. Il s’inquiète aussi pour les propriétaires visés par les expropriations. « Les gens qui vivent devant le parcours et qui doivent faire des rénos, ils font quoi maintenant ? »

À ses yeux, l’administration Labeaume n’était tout simplement pas « prête » à répondre aux questions des citoyens.

Reste à savoir jusqu’à quel point ces critiques sont partagées par la population. « Je ne suis pas isolé. Plus on en apprend, plus les gens se mobilisent », a affirmé M. Gosselin. Mercredi, la pétition qu’a lancée son parti Québec 21 pour réclamer un référendum sur le projet avait dépassé 9700 signatures sur le Web. Du côté des pro-tramway, le groupe « J’ai ma passe » a quant à lui passé le cap des 10 000 appuis à la fin du mois de mai.