Tramway: la Ville de Québec veut sa loi pour lancer les expropriations

Dix-huit terrains et portions de terrain s’exposent à des expropriations sur le parcours de 23 kilomètres prévu pour le tramway.
Photo: Ville de Québec Dix-huit terrains et portions de terrain s’exposent à des expropriations sur le parcours de 23 kilomètres prévu pour le tramway.

La Ville de Québec presse le gouvernement de faire adopter avant la fin de la session parlementaire le 14 juin un projet de loi lui permettant notamment de lancer les expropriations pour le projet de tramway. « On est tributaires du projet de loi », a déclaré jeudi le vice-président du comité exécutif et responsable du dossier du transport, Rémy Normand.

La Ville, a-t-il expliqué, a besoin de ce projet de loi notamment pour lancer le processus menant aux acquisitions de terrains et expropriations nécessitées par le réseau structurant de transport en commun (RSTC) de 3,3 milliards.

Au total, 18 terrains et portions de terrain s’exposent à des expropriations sur le parcours de 23 kilomètres prévu pour le tramway.

La semaine dernière, le ministre des Transports, François Bonnardel, s’était dit prêt à déposer ce projet de loi avant la fin de la session, mais son adoption n’est pas acquise. À trois semaines de la fin des travaux, le menu législatif commence par ailleurs à être congestionné.

La Ville semble par ailleurs rassurée en ce qui a trait au financement du projet par le gouvernement fédéral. Après avoir vivement dénoncé l’incapacité de Québec et d’Ottawa à s’entendre, l’administration Labeaume se montre désormais rassurée par le nouveau plan du ministre Bonnardel pour financer le projet par « phases ».

La Ville renoue avec HEC

La Ville poursuit par ailleurs ses efforts pour vendre son projet à d’autres niveaux. Jeudi, le vice-président Rémy Normand a annoncé la tenue d’une série de séances d’information les 11, 13 et 18 juin. La Ville s’est aussi associée à une campagne publique pour vendre le projet, intitulée « J’ai ma passe ». Pour manifester son appui, la population est invitée à se doter d’un laissez-passer pour l’instant gratuit du futur réseau de transport.

Invité à justifier les 20 000 $ de fonds publics investis dans la campagne, M. Normand a dit recourir à tous les « leviers » pour vendre le projet.

« On se fait accuser de ne pas assez communiquer avec la population, alors on fait des efforts pour améliorer les choses », a-t-il déclaré pour se défendre.

Sur un autre front, la Ville a fait savoir qu’elle avait confié à deux experts de HEC Montréal, Robert Gagné et Jacques Roy, le rôle de réviser et de valider l’étude qu’elle a commandée à la firme Systra pour comparer le tramway à d’autres modes de transports sur rail, comme le métro.

En 2014, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait pourtant vivement critiqué les méthodes utilisées par M. Gagné et son équipe dans la réalisation du Palmarès des municipalités. « C’est le même rapport que l’an passé, qui ne vaut pas grand-chose », avait alors déclaré M. Labeaume.

Questionné là-dessus, M. Normand a rétorqué que le fait que ces experts ne soient pas d’emblée « les favoris de la Ville » conférait « encore plus de crédibilité au processus ».