Des chauffeurs de taxi peinent à se faire payer

Le projet de loi 17 libéralise l’industrie du taxi, ce qui rendra légales les opérations d’entreprises comme Uber. Le gouvernement du Québec espère le faire adopter d’ici la fin de la session parlementaire en juin.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Le projet de loi 17 libéralise l’industrie du taxi, ce qui rendra légales les opérations d’entreprises comme Uber. Le gouvernement du Québec espère le faire adopter d’ici la fin de la session parlementaire en juin.

Uber et le projet de loi 17 du gouvernement Legault ne sont pas les seuls problèmes auxquels font face les chauffeurs de taxi de Québec, qui n’arrivent pas à se faire payer pour certains types de courses.

Le problème touche les transactions faites avec l’application mobile Taxi Coop, qui permet de payer par carte de crédit au moyen d’un téléphone intelligent. Il touche aussi les coupons auxquels recourent les fonctionnaires de l’État et certaines grandes entreprises.

Lorsque le client paye avec son téléphone, le chauffeur peut attendre quatre, voire cinq semaines avant de se faire rembourser, ont confié des chauffeurs au Devoir. Pour les coupons, ce serait encore pire. À tel point qu’ils sont de plus en plus nombreux à demander aux clients de changer leurs modes de paiement.

La situation découle « des problèmes de liquidités » de la coopérative, con-firme son directeur, Martin Noël.

En effet, c’est la coopérative qui se charge d’administrer les transactions faites par l’application et les coupons. En temps normal, elle paie les chauffeurs avant de recevoir elle-même les remboursements. Or, ses liquidités l’empêchent désormais de le faire.

Selon M. Noël, le manque de liquidités a été provoqué par « la lutte contre Uber » et « la conception de l’application », qui « ont coûté quand même assez cher ».

Pour s’en sortir, la coopérative de quelque 300 voitures s’est dotée depuis janvier d’un plan de redressement, qui table notamment sur la vente des terrains, mais ces derniers n’ont pas encore trouvé preneurs.

M. Noël s’attend à ce que ce soit fait d’ici l’automne, ce qui lui permettra de recommencer à rembourser les chauffeurs dans des délais normaux.

Quand on lui fait remarquer qu’il est un peu ironique que l’application censée incarner la planche de salut de l’industrie face à Uber prive désormais les chauffeurs de revenus, M. Noël répond par la négative.

« Ce n’est pas ironique. On n’a pas reçu de subvention du gouvernement. Tout est sorti directement de la poche des détenteurs de permis. Nous, on n’a pas eu des millions de dollars comme Téo [Taxi] pour faire du développement. » Il ajoute qu’il y a « des limites à ce que peut supporter un OBNL qui n’a pas de gros chiffres d’affaires ».

Pendant ce temps, le projet de loi caquiste qui encadre l’industrie du taxi et Uber poursuit son cheminement à l’Assemblée nationale. Lundi, la commission parlementaire terminait les consultations particulières avant l’adoption du projet de loi.

Le projet de loi 17 libéralise l’industrie du taxi, ce qui rendra légales les opérations d’entreprises comme Uber. Le gouvernement du Québec espère le faire adopter d’ici la fin de la session parlementaire en juin.