Tramway de Québec: Lightbound fustige le gouvernement Legault

Le député de Louis-Hébert et secrétaire parlementaire du ministre des Finances, Joël Lightbound
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le député de Louis-Hébert et secrétaire parlementaire du ministre des Finances, Joël Lightbound

Si le gouvernement Legault ne veut pas faire du tramway de Québec une « priorité », il va trouver le député fédéral Joël Lightbound sur son chemin.

C’est ce qu’a lancé le député de Louis-Hébert et secrétaire parlementaire du ministre des Finances vendredi matin, piqué par une question du député néodémocrate Pierre Nantel.

M. Lightbound, qui est l’un des deux seuls élus libéraux fédéraux dans la région, continue de dire que la somme de 1,2 milliard qui est requise pour le financement du tramway est toujours sur la table. Mais, à son avis, il y a un « manque de volonté » de la part du gouvernement du Québec.

Il accuse les troupes du premier ministre François Legault de faire « obstruction » à de nombreux projets de « la même manière que Doug Ford en Ontario, et c’est l’ensemble du Québec qui en paie le prix ».

Jeudi, M. Legault a proposé à la Ville de Québec de réaliser un projet de tramway plus modeste que ce qui était prévu initialement. Il a rejeté la faute sur le gouvernement fédéral, qui ne fournit pas sa part de financement, dit-il. L’opposition à Québec l’accuse plutôt d’avoir perdu son pari pour forcer Ottawa à renchérir.

Le gouvernement du Québec est toujours prêt à avancer 1,8 milliard dans ce projet de plus de 3 milliards, mais il reproche à Ottawa de fournir seulement 400 millions destinés spécifiquement à Québec sur les 1,2 milliard de dollars attendus initialement.

Or, Ottawa invite Québec à aller puiser 800 millions dans le Fonds fédéral pour l’infrastructure verte. Le gouvernement Legault veut plutôt que cette enveloppe soit destinée à toutes les municipalités du Québec.

M. Lightbound met au défi le gouvernement Legault de dire « clairement » que le tramway n’est pas une priorité pour lui plutôt que « d’essayer d’orchestrer une chicane fédérale-provinciale ».

À Ottawa, le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois se sont portés à la défense du premier ministre Legault dans ce dossier.

« Ce n’est pas d’hier que les sommes fédérales pour les infrastructures et les villes, ça passe comme dans un alambic, et ça prend 50 ans avant d’arriver », a affirmé M. Nantel, porte-parole du NPD pour les affaires touchant le Québec.

Le député bloquiste Luc Thériault croit que l’argent promis doit être transmis « sans conditions », puisque de nombreuses municipalités ont des besoins qui doivent être comblés à l’heure actuelle.

Les conservateurs, de leur côté, veulent prioriser le troisième lien entre Québec et Lévis.

De passage à Edmonton, le premier ministre Justin Trudeau a rappelé que son gouvernement avait décidé de bonifier la taxe sur l’essence destinée aux municipalités. Ce sont donc 500 millions supplémentaires dont dispose le Québec en 2019 pour boucler des projets spécifiques dans les villes.

Le gouvernement fédéral a décidé d’ajouter cette marge de manoeuvre supplémentaire pour que les citoyens n’aient pas à en payer le prix lorsque des gouvernements décident de faire de la « petite politique », a précisé le premier ministre.