Tramway de Québec: le monde des affaires veut qu’Ottawa et Québec dénouent l’impasse

Questionnée sur l’impatience des milieux d’affaires, la ministre responsable de la région de Québec, Geneviève Guilbault, a répété son discours habituel dans le dossier.
Photo: Justin Tang Archives La Presse canadienne Questionnée sur l’impatience des milieux d’affaires, la ministre responsable de la région de Québec, Geneviève Guilbault, a répété son discours habituel dans le dossier.

Exaspérée par le conflit entre Québec et Ottawa dans le dossier du tramway, la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) exhorte les deux gouvernements à « se parler » et à dénouer l’impasse.

« Parlez-vous parce que, de l’externe, on ne comprend pas », a demandé Julie Bédard, présidente et chef de la direction de la CCIQ, lors d’un point de presse mercredi matin. « On leur demande de se parler à huis clos et de nous revenir pour que le projet puisse prendre forme dans les délais. »

Le tramway et le réseau de transport structurant sont une priorité, dit-elle, pour « faire venir des investissements et de la main-d’œuvre » dans la capitale. Toutes « les grandes villes du monde » ont un tel réseau, dit-elle. Les gens qui travaillent dans les parcs industriels de Québec sont en outre très mal desservis en transport en commun, a-t-elle ajouté.

Priée de dire si elle avait fait cette sortie à la demande du maire de Québec, Régis Labeaume, dont l’impatience dans ce dossier est bien connue, Mme Bédard a affirmé que l’initiative de la chambre de commerce était complètement « indépendante ». « À la suite du dépôt du budget, le téléphone s’est mis à sonner », a-t-elle dit.

Québec a fait ses devoirs, dit la ministre Guilbault

Évalué à 3 milliards de dollars, le réseau de tramway doit être financé à la hauteur de 1,8 milliard par le gouvernement du Québec et 1,2 milliard par Ottawa. Or, Québec et Ottawa ne s’entendent pas sur quels programmes fédéraux doivent financer le projet.

Questionnée plus tôt sur l’impatience des milieux d’affaires, la ministre caquiste responsable de la région de Québec, Geneviève Guilbault, a répété son laïus habituel dans ce dossier. « Il faut que le fédéral puisse s’engager très clairement […], qu’il laisse le Québec gérer l’enveloppe destinée au transport en commun. »

Priée de dire si le gouvernement de la CAQ avait une quelconque responsabilité dans le blocage actuel, elle a répondu : « Notre gouvernement avait une responsabilité de soutenir le projet à une hauteur convenable. C’était le cas. On a toujours dit qu’on mettrait 1,8 milliard de dollars, qui représentent 60 % du projet. On l’a fait noir sur blanc dans le budget alors que dans le budget fédéral, on ne trouve rien d’explicitement consacré au tramway. »

À une journaliste qui lui demandait enfin si le troisième lien pourrait « voir le jour » avant le réseau structurant, Mme Guilbault a ajouté que le troisième lien « avance bien » et que c’est la Ville de Québec qui était le « maître d’œuvre » du projet de réseau structurant.

Du côté d’Ottawa, on renvoie la balle à Québec. « Nous avons proposé à Québec d’allouer 1,2 milliard de dollars pour le projet. À ce jour, nous sommes toujours en attente d’une réponse de leur part », a fait valoir le ministre responsable de l’infrastructure et des collectivités François-Philippe Champagne par la plume de son attachée de presse. « Les citoyens de Québec s’attendent à ce que tous les ordres de gouvernement travaillent de concert pour livrer aux gens de Québec des infrastructures modernes de transport collectif et nous jouons un rôle de premier plan pour concrétiser cet important projet. »

D’autres détails suivront.