Québec veut éviter une étude du BAPE sur son projet de tramway

Évalué à 3 milliards, le réseau de tramway de Québec doit voir le jour en 2026.
Photo: Ville de Québec Évalué à 3 milliards, le réseau de tramway de Québec doit voir le jour en 2026.

La Ville de Québec espère convaincre le gouvernement de soustraire son projet de tramway à une évaluation environnementale du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

« L’interprétation qu’on fait, c’est qu’on devrait être exemptés », a déclaré le vice-président du comité exécutif de la Ville, Rémy Normand. À son avis, les répercussions du projet sur l’environnement ont déjà été suffisamment documentées pour que la Ville saute cette étape.

M. Normand a souligné que trois organismes environnementaux lui donnaient son appui dans ce dossier, soit le Conseil régional de l’environnement, Vivre en Ville et Accès Transports Viables.

D’emblée, il avance que, si la Ville devait être assujettie à une évaluation du BAPE, il ne faudrait pas que cela retarde la réalisation de son projet avec des « délais indus ».

Il a mentionné que la Ville avait multiplié les démarches auprès des fonctionnaires du ministère pour les convaincre dans ce dossier, sans succès jusqu’à présent.

« On est convaincus que le projet de tramway va générer plus d’impacts positifs que négatifs sur l’environnement pour la population », a-t-il fait valoir avant de vanter ses répercussions positives sur l’économie. « Trois milliards, c’est quand même intéressant pour l’économie », a-t-il dit.

Or la Ville s’appuie d’abord sur un argument technique dans cette affaire, à savoir la date de l’entrée en vigueur des nouvelles exigences de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE), adoptées l’an dernier.

Avant cela, les projets de transport sur rail n’étaient pas assujettis au processus d’adoption environnementale et au BAPE. Or la Ville de Québec fait valoir que son projet avait reçu le feu vert du gouvernement Couillard une semaine avant.

À Montréal, le projet du Réseau express métropolitain (REM) a fait l’objet d’une analyse environnementale accélérée depuis, mais le prolongement de la Ligne bleue a pu s’y soustraire.

Du côté des groupes environnementaux, on fait valoir que les projets autoroutiers du ministère des Transports n’y sont toujours pas assujettis.

Lundi soir, l’opposition menée par Jean-François Gosselin (Qc21) a dit avoir l’intention de suivre tout cela « de près ». « On parle d’un projet que le maire a complètement ignoré en campagne électorale […], d’un projet qui va très vite. Régis Labeaume est très pressé. Prenons le temps de faire les choses comme il faut. »

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau estime, lui aussi, qu’il n’y a pas d’urgence, mais doute que le projet justifie la tenue d’un BAPE.

La Ville de Québec a par ailleurs annoncé lundi qu’elle comptait désormais informer la population de la progression du projet tous les mois.

Évalué à 3 milliards de dollars, le réseau structurant inclurait la construction d’une ligne de tramway de 23 kilomètres reliant le nord-est au sud-ouest de la ville, du boulevard Louis-XIV à Charlesbourg à l’avenue Legendre en passant par le centre-ville et le boulevard Laurier.