Enquête sur Émile Loranger, le maire de L’Ancienne-Lorette

Le maire, qui dirige la ville depuis les années 1980, était visé par des accusations de harcèlement psychologique qu’il a réglées à l'amiable en octobre.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le maire, qui dirige la ville depuis les années 1980, était visé par des accusations de harcèlement psychologique qu’il a réglées à l'amiable en octobre.

La Commission municipale du Québec a mandaté un procureur pour enquêter sur les agissements du maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, pour avoir enfreint des règles d’éthique et de déontologie.

Mardi soir, lors de la séance du conseil municipal de L’Ancienne-Lorette, le maire Loranger a voté pour une résolution lui permettant de se soustraire à un examen de la commission.

Le maire, qui dirige la ville depuis les années 1980, était visé par des accusations de harcèlement psychologique qu’il a réglées à l’amiable en octobre. Or, certains élus souhaitaient que la Commission municipale fasse enquête sur ses agissements passés malgré tout, d’autant plus que c’est la Ville qui a dû indemniser la plaignante pour 196 000 $. Le vote de M. Loranger a fait en sorte que leurs votes ont été battus à quatre voix contre trois mardi.

Mercredi, en fin de journée, la Commission a confirmé qu’un procureur avait été mandaté pour faire enquête en vertu de la Loi sur l’éthique et la déontologie en matière municipale. Un peu plus tôt, la ministre des Affaires municipales Andrée Laforest, avait fait savoir qu’elle en avait fait la demande, tandis que l’opposition libérale la pressait de le faire.

« La Coalition avenir Québec et Mme Laforest doivent passer de la parole aux actes rapidement et intervenir pour faire toute la lumière dans cette affaire, qui une fois de plus ressemble à un conflit d’intérêts ! » avait fait valoir la porte-parole libérale au municipal, Marie-Claude Nichols.

Or Mme Laforest a souligné qu’elle avait entrepris des démarches dès le matin. Elle a aussi souligné que les agissements de M. Loranger remontaient à 2016 et que le PLQ était au pouvoir jusqu’à tout récemment.

Priée de dire s’il était « normal » qu’un élu vote sur une résolution le visant personnellement, la ministre a rétorqué que ce « qui est peut-être anormal, c’est qu’il y a des agissements depuis 2016 assez particuliers avec le maire Loranger ».

Elle s’est aussi dite prête à se rendre jusqu’à l’enquête publique dans ce dossier. « La première chose, c’est de demander à la Commission municipale de se pencher sur le dossier. Ensuite, on va demander à la commissaire à l’éthique de vérifier aussi s’il y a eu des agissements particuliers. Si on doit y aller, on va demander une enquête publique et après ça, ce sera la suite des choses. »

La présence d’Éric Caire

Lorsque les médias ont demandé à la ministre si son collègue Éric Caire devait se retirer lors de discussions au conseil des ministres sur ce dossier, elle n’a toutefois pas voulu répondre. « M. Caire, c’est un dossier vraiment clos, c’est terminé. Au conseil des ministres, s’il y a à discuter de ça, je pense qu’on va dire la même chose : c’est un dossier terminé. On passe à autre chose et on avance. »

Aux journalistes qui l’ont relancée en demandant si M. Caire s’était retiré des discussions mercredi, elle a simplement répondu que « ce qui se passe au conseil des ministres, c’est au conseil des ministres », puis s’en est allée. Plus tard, son attaché de presse a affirmé que le dossier n’avait pas été abordé à la réunion du conseil des ministres à laquelle participaient Mme Laforest et M. Caire un peu plus tôt.

M. Caire, qui est ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, a emprunté la somme de 55 000 $ au maire Loranger en 2017 alors que son ex-conjointe était la chef de cabinet de ce dernier. M. Caire, qui est député de la circonscription où se trouve la municipalité de L’Ancienne-Lorette, a toutefois été blanchi par le commissaire à l’éthique en septembre.

À l’Hôtel de Ville de L’Ancienne-Lorette, personne n’était en mesure de réagir aux derniers développements mercredi. Une demande d’entrevue au maire Loranger est restée lettre morte et la Ville s’est refusée à tout commentaire.