Fin du gel de taxes résidentielles à Québec

Le maire de Québec, Régis Labeaume, affirme que le budget 2019 respecte ses engagements électoraux.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Le maire de Québec, Régis Labeaume, affirme que le budget 2019 respecte ses engagements électoraux.

Le gel de taxes résidentielles n’aura duré que deux ans à Québec. Dans son budget 2019, l’administration Labeaume renoue avec les hausses, qu’elle limite toutefois au taux d’inflation, soit 1,4 %.

Pour le propriétaire d’une maison de 283 000 $, cela se traduira en moyenne par une ponction supplémentaire de 40 $ dans son portefeuille.

« C’est essentiellement un budget qui respecte nos engagements pris lors de la campagne électorale », a déclaré le maire de Québec, Régis Labeaume. « C’est la résultante de la rigueur qu’on a eue depuis 10 ans. »

La Ville poursuit en outre ses efforts pour alléger le fardeau fiscal du secteur privé en contenant la hausse de taxes commerciale au même niveau que celle des taxes résidentielles.

L’administration municipale change par ailleurs sa méthode pour mesurer le taux d’inflation. Plutôt que de se baser sur le taux projeté, comme elle le faisait dans le passé, elle se basera désormais sur le taux de l’an dernier (l’inflation « constatée »). N’eût été ce changement, la hausse de taxe n’aurait pas été de 1,4 %, mais de 1,9 %.

1,5 milliard
Dette totale de la ville de Québec. Elle a été réduite de 78 millions de dollars depuis 2016.

Le budget total de Québec s’élève cette année à 1,502 milliards de dollars. C’est 126,2 millions de plus que l’an dernier.

La dette s’élève quant à elle à 1,549 milliards, soit 28,6 millions de moins. Un résultat obtenu au terme d’efforts « considérables », souligne l’administration municipale, qui a réduit la dette de la Ville de façon constante depuis 2016 (78 millions en moins au total).

La Ville continue en outre à mettre de l’argent de côté pour payer ses immobilisations en argent comptant, ce qui limite le poids du service de la dette nette à 15,4 % du budget. Cette formule se compare au Fonds des générations du gouvernement du Québec, a souligné le nouveau directeur général de la ville, Luc Monty.

Or les efforts de réduction de la dette voient leur effet limité par des investissements records. En effet, sur le front des immobilisations, la capitale québécoise présente son plan triennal le plus élevé des dernières années, à 1,9 milliard de dollars, soit 210 millions de plus que l’an dernier.

Le transport collectif

Le développement du réseau de transport en commun et la construction du réseau structurant récoltent la part du lion, avec près de 500 millions.

Le centre de biométhanisation suit, avec 105 millions d’investissements. Ce projet, financé en grande partie par le gouvernement du Québec, devrait permettre à la Ville de rattraper son retard en matière de récupération des matières putrescibles. Québec n’a à l’heure actuelle aucun service de compostage, et le centre doit normalement être opérationnel en 2022.

S’ajoutent les travaux de réaménagement de la route de l’Église (dans le secteur du futur Phare), la construction du centre de glaces à proximité de là, les travaux liés au traitement des eaux, des investissements dans les deux écoquartiers et la nouvelle bibliothèque centrale, entre autres.

Au total, la Ville paie elle-même seulement 37 % de ses immobilisations, qui sont financées en grande partie par des subventions des gouvernements provincial et fédéral.

Du côté de l’opposition, Jean-François Gosselin estime que l’administration Labeaume aurait pu en donner plus aux commerçants. « Nous continuons de demander pour les commerçants un gel de taxes », a dit le chef de Québec 21.

M. Gosselin a en outre réitéré que la Ville gagnerait à tenir des consultations prébudgétaires « pour bien définir les besoins des citoyens dans chacun des districts, dans chacun des secteurs ».

Défaite électorale pour le maire

La présentation du budget survient au lendemain d’une défaite politique pour l’équipe du maire. La veille, son parti a perdu le district de Neufchâtel-Lebourgneuf lors d’une élection partielle au profit du candidat de Québec 21, Patrick Paquet. Invité à commenter les résultats, le maire a dit que lui et son équipe allaient profiter des Fêtes pour se « questionner » sur les causes de cet échec. Mais il a aussi souligné que les résultats étaient très serrés et le taux de participation, peu élevé. « Il y a 12 % des gens qui ont voté pour l’opposition, 11 % des gens qui ont voté pour nous autres puis 70 % des gens qui n’ont pas voté, a-t-il dit. Après 11 ans, je ne veux pas banaliser, mais il faut aussi relativiser. »

Le vainqueur, Patrick Paquet a été conseiller d’Équipe Labeaume entre 2007 et 2012 avant de claquer la porte pour devenir indépendant. Le district qu’il représentera avait été laissé vacant par le départ de Jonatan Julien, qui est aujourd’hui député de la Coalition avenir Québec (CAQ) à l’Assemblée nationale et ministre du gouvernement Legault.