L’opposition réclame un «BICEP» pour Québec

Le chef de l’opposition à la ville de Québec, Jean-François Gosselin
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Le chef de l’opposition à la ville de Québec, Jean-François Gosselin

La ville de Québec devrait imiter Montréal, Laval et Saint-Jérôme et créer un poste d’inspecteur général, plaide le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin. Une proposition sitôt rejetée par le maire Régis Labeaume.

« On ne peut pas être contre ça, les autres villes le font », a déclaré M. Gosselin en point de presse lundi avant de soumettre formellement la proposition au conseil municipal.

Montréal et Laval se sont dotées d’un poste d’inspecteur général en 2014 dans la foulée des révélations qui ont éclaboussé leurs villes à la commission Charbonneau. Saint-Jérôme a fait de même en 2017 et Longueuil et Terrebonne sont en voie d’avoir le leur. La formule est répandue aux États-Unis, mais absente dans le reste du Canada.

Le chef de Québec 21 dit ne pas avoir de raison de croire qu’il y a de la collusion à Québec, mais il souhaite la prévenir. « L’idée, c’est d’être proactifs, il y a des gros projets qui s’en viennent », dit-il en faisant notamment allusion au projet de tramway, une aventure de 3,3 milliards de dollars. « Ça pourrait avoir un effet dissuasif », plaide-t-il.

Une proposition jugée inutile par le maire de Québec. « L’inspecteur à Montréal, il a été nommé parce qu’il y a eu des fraudes avant que Denis Coderre arrive », a réagi Régis Labeaume lors de la séance du conseil. « Normalement, il y a un inspecteur général là où il y a des problèmes. Ce n’est pas notre cas. »

Un inspecteur général aurait pour mission de surveiller les contrats publics et de prévenir les malversations en matière d’éthique et d’intégrité. Il peut notamment ouvrir des enquêtes et se rendre sur les chantiers visés par les contrats.

Le vérificateur général de la ville est doté des mêmes pouvoirs, mais « c’est un comptable » alors que l’inspecteur général « est un inspecteur », plaide le chef de l’opposition. Or, selon Régis Labeaume, le vérificateur « a tous les pouvoirs d’un inspecteur général ».

La création de ce poste coûterait à la ville 1,5 million par an, selon Québec 21. En écho au BIG de Montréal (Bureau de l’inspecteur général), le parti propose de baptiser l'organisme « BICEP », pour « Bureau de l’intégrité des contrats et de l’éthique publique ».

Gosselin se dit soucieux de l’environnement

M. Gosselin a aussi dû répondre lundi à des questions sur ses convictions en matière d’environnement. Connu pour son appui indéfectible à un troisième lien routier décrié par tous les groupes environnementaux, le chef de Québec 21 a récemment plaidé pour qu’on réduise les déchets en signalant qu’il faisait lui-même du compostage.

Questionné sur cet apparent paradoxe, il a rétorqué que « dans chaque projet, il y [avait] toujours un volet économique, social et environnemental et [que] pour chaque projet, il [fallait] analyser les trois ».

Selon lui, « si les impacts positifs sont au rendez-vous et sont majeurs pour des projets comme le troisième lien, par exemple, et qu’on est capable de minimiser au maximum les impacts négatifs environnementaux et que l’acceptabilité sociale est au rendez-vous, on peut aller de l’avant », a-t-il ajouté.