Poussière rouge: Limoilou n’aurait pas été le seul quartier touché

L’entreprise Arrimage du Saint-Laurent exploite deux terminaux au port de Québec. La compagnie a reconnu dans le passé sa responsabilité dans l’épisode de poussière rouge survenu à la fin de 2012.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir L’entreprise Arrimage du Saint-Laurent exploite deux terminaux au port de Québec. La compagnie a reconnu dans le passé sa responsabilité dans l’épisode de poussière rouge survenu à la fin de 2012.

Des résidents de Limoilou, mais aussi des secteurs de Saint-Roch et de Vanier, sont venus témoigner lundi dans le cadre de l’action collective portant sur l’épisode de poussière rouge de 2012 qui met en cause l’entreprise de transbordement portuaire Arrimage du Saint-Laurent (ASL).

Le matin du 26 octobre 2012, Guy Gagnon, un résident du secteur de Vanier, sort sur sa terrasse pour y prendre son café. Sur sa table en verre, il voit une sorte de poussière rouge. « Je suis surpris parce que c’est la première fois que je vois ça », a-t-il raconté dans son témoignage lundi au palais de justice de Québec.

L’action collective lancée par Véronique Lalande et Louis Duchesne vise à forcer l’entreprise de transbordement de minerai Arrimage du Saint-Laurent à indemniser les citoyens ayant subi des nuisances et des dommages à la suite de cet incident.

ASL a déjà reconnu être responsable de la propagation d’oxyde de fer dans l’air ce jour-là. Le procès doit maintenant déterminer qui doit être indemnisé, comment et jusqu’où sur le territoire.

L’appartement de M. Gagnon est au 7e étage d’un immeuble en copropriété situé sur la rue Isabelle-Aubert, près de la rivière Saint-Charles. Lorsqu’il entend parler dans les médias de l’épisode de poussière rouge dans Limoilou, il s’étonne. « Ce que je ne comprenais pas, c’est pourquoi on parlait toujours de Limoilou », a-t-il dit. « Le périmètre était probablement beaucoup plus grand que ce qui avait été vu au départ. »

Un point de vue qu’a mis en doute l’avocat de la compagnie, Me Sylvain Chouinard. « Vous êtes à 4,5 kilomètres à vol d’oiseau du port. Il est clair qu’il y a beaucoup d’activités industrielles différentes entre chez vous et le port », a-t-il dit au témoin.

« Quand on a déposé la déclaration judiciaire, ce n’est pas pour que des gens de Trois-Rivières viennent dire que leur maison était sale », a-t-il aussi lancé lors d’un échange avec le juge et l’avocat de la poursuite.

Lundi, sept personnes sont venues dire comment elles avaient vécu l’épisode et décrire le nettoyage qu’elles ont dû effectuer (quatre de Limoilou, deux de Saint-Roch et une de Vanier). On en attend neuf autres mardi et une quarantaine de témoignages sont au programme total du procès.

ASL dit avoir déjà payé

Si la poursuite a gain de cause, l’entreprise risque de devoir payer des « dizaines de millions de dollars », a signalé Me Chouinard dans sa déclaration d’ouverture. L’avocat soutient que la zone touchée était plutôt « extrêmement restreinte » et les « dommages extrêmement minimes ».

Il a aussi fait valoir que ASL avait déjà offert d’indemniser les personnes touchées au lendemain de l’événement en publiant un communiqué de presse dans lequel elle invitait les gens inquiets à la contacter.

« Ils ont reçu 20 appels, dont celui d’un journaliste », a-t-il dit.

Au total, 9500 $ avaient alors été versés à 15 personnes. 

Or, l’avocat de la poursuite a pris bien soin de démontrer lundi qu’aucun de ses témoins n’avait eu vent de l’existence de ce communiqué.

Par ailleurs, les activités du port sont ciblées par une autre action collective plus large sur les divers épisodes de poussière et leur impact sur la santé. Onignore toutefois quand cette action sera entendue.