Immigration: Labeaume et Gosselin jaugent leurs désaccords

Préoccupé par la pénurie de main-d’œuvre, le maire Régis Labeaume plaide pour un accueil massif d’immigrants francophones en provenance d’Europe.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Préoccupé par la pénurie de main-d’œuvre, le maire Régis Labeaume plaide pour un accueil massif d’immigrants francophones en provenance d’Europe.

Le débat sur l’immigration s’est déplacé vers le conseil municipal de la Ville de Québec lundi, alors que le maire Régis Labeaume a réitéré que Québec avait besoin de nombreux immigrants francophones, tandis que le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, a avancé que la langue qu’ont les gens à l’arrivée n’avait pas d’importance.

« Il y a deux facteurs qui font qu’un immigrant s’intègre dans notre communauté. Tout d’abord des jobs. Et aussi parler la langue locale et ici, c’est le français », a lancé le maire lors de son allocution devant les élus du conseil municipal.

Préoccupé par la pénurie de main-d’œuvre, le maire plaide pour un accueil massif d’immigrants francophones en provenance d’Europe. « J’ai rencontré des dirigeants des parcs industriels la semaine dernière. Tout le monde dit qu’ils manquent de main-d’œuvre. […] Quelqu’un qui a des contrats et ne peut pas progresser […] qu’est-ce qu’il fait ? […] On commence à réfléchir à de la délocalisation », a lancé le maire.

M. Labeaume a ensuite souligné que les gens de Québec étaient favorables à l’immigration. « Le seul problème, c’est qu’il y a quelques droites toxiques dans le décor qui pensent qu’ils représentent Québec, souvent en appui avec nos amis de l’opposition. »

À cela, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, a rétorqué qu’il ne se sentait pas visé par les accusations de xénophobie et était au contraire très favorable à l’immigration.

Par contre, a-t-il dit, « ce n’est pas vrai qu’il faut absolument recruter des gens qui parlent français. Le français, ça s’apprend. C’est aux employeurs de décider quels sont leurs besoins. »

Seuils d’immigration, sujet tabou

Les deux élus ont toutefois évité de se prononcer directement sur la proposition de la Coalition avenir Québec de baisser les seuils d’immigration.

Cependant, le maire a fait valoir que l’argument voulant qu’on baisse le seuil pour mieux intégrer les immigrants ne s’appliquait pas à Québec.

« J’entends beaucoup [qu’on] a des problèmes de rétention et que si on règle les problèmes de rétention, il va en rester plus [des immigrants]. Bien, à Québec, on n’a pas de problèmes de rétention. À Québec, on retient 94 % des immigrants. Alors sacrez-nous patience avec les problèmes de rétention ! » a-t-il lancé.

Plus tôt en matinée, M. Labeaume avait refusé de confirmer s’il s’opposait à une baisse des niveaux d’immigration, comme l’avait dit le chef libéral, Philippe Couillard, après leur rencontre. « J’ai rien à dire là-dessus. »

M. Gosselin s’est a quant à lui contenté de dire qu’on « lançait des chiffres » sur les seuils d’immigration, mais que le cœur du problème était bureaucratique. « Pourquoi, encore aujourd’hui, un employeur doit prouver au gouvernement […] qu’il a des besoins de main-d’œuvre pour aller recruter ailleurs ? La bureaucratie est incroyable. »

À l’heure actuelle, la Coalition avenir Québec domine les intentions de vote dans toute la région de Québec à l’exception de Taschereau, où les quatre partis sont au coude-à-coude.