Le projet de RTS à Québec en sept points

Le tramway a été pensé pour tolérer les caprices de l’hiver, notamment parce qu'il sera alimenté par des fils électriques aériens.
Photo: YouTube / Ville de Québec Le tramway a été pensé pour tolérer les caprices de l’hiver, notamment parce qu'il sera alimenté par des fils électriques aériens.

Le Réseau de transport structurant sera-t-il fonctionnel lors des tempêtes ? La portion en tunnel sera-t-elle reliée au vieux souterrain du Diamant ? La tenue d’un comité plénier à la Ville de Québec a apporté plusieurs réponses aux questions suscitées par le projet. En voici sept.

L’hiver. Le tramway a été pensé pour tolérer tous les caprices de l’hiver, a assuré mardi le responsable du bureau de projet, Benoît Carrier. Notamment parce que le tramway sera alimenté par des fils électriques aériens plutôt qu’une emprise terrestre comme en Europe. « Il n’y a jamais d’accumulation de neige sur la plateforme », a-t-il expliqué à propos de la structure de béton de 10 cm de haut sur laquelle le tramway va circuler. Les trains vont en outre pousser, eux-mêmes, la neige à droite durant leur déplacement (à une fréquence de 3 à 5 minutes). On ajoute qu’au besoin, des véhicules d’entretien peuvent terminer le travail entre les passages des tramways.

Un corridor d’urgence. Les architectes du projet sont si confiants à cet égard qu’ils pensent que la voie réservée au tramway sur le boulevard Laurier notamment pourrait être utilisée par des véhicules?d’urgence en cas de fermeture de?routes?ordinaires.

L’impact sur la congestion routière. Le Réseau de transport de la capitale (RTC) estime que le recours au transport en commun augmentera de 29 % lors de la mise en service vers 2026. Cela équivaudrait à une augmentation de 2 à 3 % de la part modale (le pourcentage de l’ensemble des déplacements effectués en transport en commun, soit de 16 à 19 %). L’équivalent de 12 600 véhicules de moins sur le réseau routier en période de pointe.

Le vieux tunnel sous Dufferin. C’est confirmé : les vieux tunnels construits dans les années 1960 pour relier l’autoroute Dufferin au sud de la ville ne seront pas mis à profit dans le futur réseau de tramway. On se rappellera que ces souterrains avaient été envisagés comme site pour la salle de spectacle Le Diamant de Robert Lepage. Pourquoi pas ? Cela aurait nécessité « beaucoup de travail » et le vieux tunnel se dirige vers le bas alors que le tramway doit monter.

Les expropriations. Entre 15 et 20 propriétaires devront être expropriés, a signalé le maire Régis Labeaume, sans préciser où. « On ne vous le dira pas tout de suite parce que vous allez aller voir les gens et nous créer un drame », a-t-il dit aux médias à la sortie de la séance du comité plénier.

Le début. Les travaux de construction débuteraient à l’extrémité ouest du parcours avec le centre d’entretien du tramway. Ensuite, on entamerait une première phase test tout près, sur les terrains d’Hydro-Québec, où « on ne dérangera personne », a souligné le maire. L’excavation du tunnel dans le secteur de la colline Parlementaire se ferait en même temps.

Les questions qui subsistent. Les responsables du projet n’ont pas voulu détailler le montage financier leur permettant d’estimer à 3,3 milliards les coûts totaux du projet. On va faire un appel d’offres, ce qui nous empêche de fournir des détails, a dit en substance le directeur général de la Ville, André Legault. La Ville devra aussi expliquer pourquoi certains secteurs sont moins bien desservis, notamment la Haute-Saint-Charles ou encore le secteur de Courville-Montmorency, près du pont de l’île d’Orléans. Le RTC s’est engagé à s’expliquer à cet égard lors des consultations locales prévues les 4, 5 et 7 avril. De plus, à la demande de l’opposition, une seconde séance du comité plénier doit avoir lieu la semaine prochaine.