Un projet de tramway de 3 milliards à Québec

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Le maire de Québec, Régis Labeaume

La Ville de Québec est sur le point de présenter son projet de tramway, dont les coûts oscilleraient autour de 3 milliards. La présentation du projet de transport pourrait se faire dès vendredi, selon nos informations.

« On travaille très fort actuellement, on a hâte de l’annoncer, nous aussi. […] Il y aura un moment pour ça », déclarait à ce propos le maire de Québec, Régis Labeaume, lors d’un point de presse la semaine dernière.

M. Labeaume insistait en outre sur la nécessité de procéder rondement pour avoir sa part des fonds qui sont actuellement disponibles à Québec et à Ottawa.

Selon le journal La Presse, la Ville compte demander entre 215 et 250 millions au gouvernement du Québec pour le financer. Ce dernier doit d’ailleurs présenter son budget sous peu, soit le 27 mars prochain.

Du projet, on sait qu’il prendra la forme d’un tramway au moins en partie et qu’il visera à mieux desservir les banlieues réputées peu favorables au transport en commun à Québec. Il y a dix jours, Le Journal de Québec révélait que le projet comprenait une section en tunnel entre l’autoroute Dufferin-Montmorency et le secteur de la rue Cartier. Une information que le maire n’a pas voulu confirmer depuis.

Rappelons par ailleurs qu’il existe déjà un tunnel sous l’autoroute Dufferin-Montmorency qui avait été construit dans les années 1960 sous Jean Lesage. L’ouvrage, qui devait permettre aux voitures de traverser le Cap-Diamant, avait finalement été abandonné, mais la cavité est demeurée.

En 2007, le metteur en scène Robert Lepage avait projeté d’y construire une nouvelle salle de théâtre, laquelle est finalement en train de se construire tout près, à la place d’Youville. La semaine dernière, lorsque Le Devoir a demandé au maire s’il avait récemment visité les lieux, il a répondu par la négative.

Un an d’incertitude

Voilà près d’un an qu’on attend que le maire de Québec clarifie ses intentions dans ce dossier. Rappelons qu’en avril 2017, il avait abandonné le projet de Service rapide par bus (SRB), qui bénéficiait déjà de l’appui du gouvernement du Québec. Ce projet était évalué à environ 1,5 milliard.

Alors que le mouvement anti-SRB et pro-troisième lien prenait de l’ampleur, M. Labeaume avait jeté l’éponge en prétextant que son partenaire, la Ville de Lévis l’avait laissé tomber. Quelques semaines plus tard, il lançait une consultation publique pour présenter à la population ce qu’il avait voulu faire avec le SRB et savoir quels services de transport public elle souhaitait désormais.

Enfin, quand la campagne électorale a débuté en septembre dernier, M. Labeaume a vendu aux électeurs un projet de « transport structurant » sans en dire davantage, si ce n’est qu’il comptait améliorer les services entre le centre-ville et les arrondissements plus au nord (Charlesbourg, Haute-Saint-Charles, etc.) et à l’est (Beauport).