Labeaume garde le silence sur son projet de transport

Le maire de Québec, Régis Labeaume, en septembre dernier
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Le maire de Québec, Régis Labeaume, en septembre dernier

Le maire de Québec, Régis Labeaume, refuse toujours de confirmer si son projet de réseau de transport inclut une portion en métro et la construction d’un tunnel. Il soutient toutefois que « l’histoire allait juger » les gens de Québec s’ils ne profitent pas des milliards disponibles à Québec et Ottawa.

« Je ne confirme rien, je n’infirme rien », a-t-il répété avec un sourire en coin aux nombreux journalistes qui l’ont questionné à ce sujet lundi. La veille, Le Journal de Québec révélait que des sources bien informées du projet lui avaient dévoilé que le projet de tramway inclurait la construction d’un tunnel entre la Basse-Ville et le quartier Montcalm depuis le bas de la Côte d’Abraham jusqu’à la rue des Érables. Un investissement de 3 milliards de dollars était également évoqué.

Le maire n’a pas voulu dire non plus quand il comptait présenter son projet au grand public. « On travaille très fort actuellement, on a hâte de l’annoncer, nous aussi. […] Il y aura un moment pour ça. » Il a par contre réitéré sa promesse de « consulter les citoyens » une fois le projet présenté.

Rappelons que Régis Labeaume a fait campagne sur la nécessité de développer un « réseau de transport structurant » à Québec sans dire s’il avait un tramway, un SRB ou autre chose dans ses cartons ou combien cela pourrait coûter.

Les conjectures entourant un tunnel ou une portion de métro surviennent à l’approche de la présentation du budget du Québec. Or tant le premier ministre Philippe Couillard que le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx, ont été informés de la teneur du projet et s’y sont déjà dits favorables.

À cet égard, le maire a concédé que les ententes « fédéral-provincial » sur les infrastructures « devraient se régler assez tôt » et qu’il comptait bien être « sur le dessus de la pile ». Plus tard au conseil municipal, il a aussi dit que « l’histoire jugerait » la Ville si elle ne profitait pas de cette manne.

Manque de transparence

Le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, a reproché au maire de tenir la population dans l’ignorance. « Encore une fois, avec son attitude, tout porte à croire que les citoyens seront mis devant le fait accompli », a-t-il dénoncé.

M. Gosselin, qui oppose le projet de transport structurant à un éventuel troisième lien, reproche en outre au maire de plaider pour la prudence dans le dossier du troisième lien alors qu’il avance à grande vitesse dans celui du transport public.

« On le sait, Régis Labeaume veut partir en laissant un legs à la ville de Québec. Serait-ce pour cette raison que le maire est si pressé d’aller de l’avant avec son projet de tramway ? Pourtant, le maire lui-même nous a mis en garde à maintes reprises contre des projets réalisés trop vite. »

La signification du mot « emportiérage »

Régis Labeaume a été surpris par une question du Devoir sur l’emportiérage lundi après-midi. On demandait alors au maire de réagir aux révélations voulant que le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) ait peu sévi ces dernières années contre les conducteurs qui ne regardent pas en ouvrant la porte de leur véhicule. Était-ce parce qu’il ne connaissait pas le mot « emportiérage » ou à cause de la formulation de la question ? Chose certaine, M. Labeaume a semblé croire un instant que des gens blessaient ainsi des cyclistes volontairement. « Excusez-moi, il y a des gens qui font ça ? » a-t-il demandé avant d’être rassuré par les précisions. « OK, c’est des gens qui ne voient pas puis boum. Ce n’est pas quelqu’un qui attend le cycliste puis boum, là. Non mais à Québec, tu sais… » Il a ensuite demandé si l’emportiérage était un « nouveau mot » et indiquait qu’il ne pouvait pas répondre à la question, mais que son attaché de presse allait se renseigner.