Le troisième lien Québec-Lévis à l’étude jusqu’en 2020

Le nouveau chef de l’opposition, Jean-François Gosselin
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le nouveau chef de l’opposition, Jean-François Gosselin

Le projet de troisième lien entre Québec et Lévis a franchi une nouvelle étape lundi et tant le gouvernement que la Coalition avenir Québec promettent de le réaliser coûte que coûte.

« C’est un projet prioritaire pour notre gouvernement », a répété la ministre déléguée aux Transports, Véronyque Tremblay, lundi matin, lors de l’annonce d’un appel d’offres pour sélectionner la firme qui réalisera l’étude d’opportunités du projet.

L’étude en question devra notamment « déterminer les solutions les plus prometteuses », présenter une estimation des coûts et évaluer la possibilité de jumeler le projet à la réfection du pont de l’île d’Orléans. Son dépôt en 2020 permettra au gouvernement de définir son plan, ce qui porte « au minimum » la réalisation du projet entre 2024 et 2027.

La priorité, a dit Mme Tremblay, est « d’améliorer la fluidité de la circulation » pour passer moins de temps dans les embouteillages et « plus de temps en famille ».

À une journaliste qui lui demandait ce qu’elle ferait si l’étude concluait qu’un troisième lien n’était pas la meilleure façon de réduire la congestion, elle a rétorqué qu’il y avait une « volonté gouvernementale à l’effet qu’un troisième lien est utile » et que le gouvernement libéral n’aurait pas investi 20,5 millions de dollars dans le bureau de projet s’il n’y croyait pas. Mme Tremblay n’a pas voulu dire par ailleurs à partir de quel montant un tel projet serait jugé trop onéreux.

Seul sceptique parmi les nombreux politiciens présents à l’annonce, le maire Régis Labeaume a ajouté qu’il était « vraiment temps » qu’on « entende les professionnels » dans ce dossier et que la Ville de Québec entendait s’assurer qu’il y ait des « gains nets » découlant d’un éventuel troisième lien.

À la Coalition avenir Québec (CAQ), on a plus tard qualifié cette annonce de « mascarade préélectorale ». « Le but, tout simplement, c’est d’enlever l’enjeu du troisième lien dans la grande région de Québec », a fait valoir le député Marc Picard.

Pour son collègue Éric Caire, le gouvernement aurait dû agir avant. « C’est absolument honteux et scandaleux que le gouvernement libéral, après avoir tout fait en son pouvoir pour tuer l’idée du troisième lien, arrive aujourd’hui, là, avec des choses qui auraient dû être faites il y a trois ans », a-t-il dit. M. Caire a en outre laissé entendre que la procédure de réalisation du projet était trop longue et qu’un gouvernement de la CAQ procéderait plus vite. Enfin, la CAQ comme le PLQ n’a pas voulu dire à partir de quel montant un troisième lien serait jugé trop coûteux.

Quelques heures plus tard à l’hôtel de ville de Québec, le nouveau chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, a dit sensiblement la même chose en reprochant cette fois à Régis Labeaume de ne pas accélérer les choses. « Si le maire Labeaume avait utilisé son leadership, ça irait beaucoup plus vite », a-t-il dit. M. Gosselin a aussi laissé entendre que l’étude d’opportunités, dont le cadre est défini par une directive du Conseil du Trésor, était « beaucoup trop longue ».