Deux mandats au maximum pour les futurs maires, plaident Guérette et Gosselin

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le maire de Québec, Régis Labeaume

Les candidats à la mairie Anne Guérette et Jean-François Gosselin estiment que les maires ne devraient pas faire plus de deux mandats à Québec. M. Labeaume, qui a déjà deux mandats et demi derrière lui, se dit quant à lui déjà prêt à en faire deux de plus.

« On va demander un maximum de [deux] mandats pour un maire », a déclaré la chef de Démocratie Québec. « Il faut qu’il y ait un roulement, il faut que ça bouge. Le maire ne devrait pas être éternel. »

Peu après, Jean-François Gosselin s’est dit complètement d’accord avec elle. « Au début, quand on arrive en politique, on veut défendre le citoyen. Puis après deux mandats, après huit ans, après dix ans, on ne défend plus le citoyen. C’est ce qui arrive présentement à M. Labeaume. Moi, je ne veux pas me rendre là. »

Un objectif

En matinée, le maire Labeaume avait laissé entendre qu’il songeait déjà à se présenter en 2021.

« Mon objectif, c’est de ne pas quitter la politique sans avoir réglé le projet de mobilité, [de] système de mobilité structurant de Québec », a déclaré le maire sortant.

À une journaliste qui lui demandait si on le reverrait dès lors dans quatre ans, il a rétorqué : « Si ce n’est pas fait dans quatre ans, vous allez me revoir, c’est certain. Même si c’est fait, vous pourriez me revoir quand même. »

Ce n’est pas la première fois que ce genre de proposition est fait. En 2010, Pauline Marois avait proposé de limiter à trois (ou 12 ans) le nombre maximum de mandats pour les maires dans les villes de plus de 5000 habitants. Sa suggestion, qui visait notamment à réduire les risques de collusion, avait été rejetée en bloc par tout le monde municipal.

Depuis les années 1930

Québec a par ailleurs l’habitude de garder les maires au pouvoir longtemps. À l’exception d’Andrée Boucher, qui est décédée en cours d’exercice, les maires ont tous gouverné plus de dix ans depuis les années 1930.

Gilles Lamontagne et Jean Pelletier ont tous les deux été en poste 12 ans, et Jean-Paul L’Allier, 16 ans. Avant eux, Lucien Borne et Wilfrid Hamel avaient respectivement gouverné 15 et 12 ans.

Régis Labeaume est quant à lui au pouvoir depuis 2007. Il a été élu pour un bref mandat d’un an après le décès de Mme Boucher et a été élu à deux autres reprises depuis.

Outre la question du nombre des mandats, Anne Guérette a suggéré lundi de donner plus de temps de parole aux gens du public lors des séances du conseil (ils ont actuellement 1 minute chacun pour poser leur question).

Elle croit également que le chef de l’opposition devrait avoir un temps de parole à la fin de la séance et qu’on devrait permettre au public de poser des questions aux élus à distance.

« C’est la cassette de Mme Guérette », a réagi le maire. « Je veux pas être cruel mais jouer à la victime, ce n’est pas une bonne idée. Le premier rôle de l’opposition, c’était de garder ses collègues avec soi », a-t-il ajouté en faisant allusion au fait que les élus Paul Shoiry et Yvon Bussières ont quitté Démocratie Québec ces derniers mois.

Une équipe complète

À quatre jours du déclenchement de la campagne, Jean-François Gosselin a fait savoir que son parti avait recruté des candidats dans chacun des 21 districts. « Je suis vraiment fier de vous dire ça. […] C’est vraiment pas facile de recruter des gens de talent, des beaux profils. Québec 21 a réussi son pari. »

Démocratie Québec, de son côté, n’est pas encore parvenu à une telle réalisation. L’équipe compte pour l’instant 13 candidats, en plus de Mme Guérette.