L’agrile du frêne désormais sur les plaines d’Abraham

L’agrile du frêne est un insecte ravageur qui s’immisce entre l’arbre et son écorce.
Photo: Ville de Montréal L’agrile du frêne est un insecte ravageur qui s’immisce entre l’arbre et son écorce.

C’est maintenant confirmé : non seulement l’agrile du frêne a atteint Québec, mais il a commencé à s’attaquer aux plaines d’Abraham. Dans les secteurs les plus visibles du parc, environ 9 % des arbres sont menacés.

L’insecte a été détecté le 14 juillet dernier dans des pièges disposés sur le site, a signalé mardi la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN). L’organisme a déjà abattu une dizaine d’arbres moribonds la semaine dernière pour se défendre et prévoit d’en abattre entre 15 et 25 autres « de façon préventive ».

Pour l’heure, l’ampleur de la contamination est difficile à établir, mais on pense que les arbres où la présence de l’insecte a été détectée ont été atteints il y a au moins un an.

On recense un total de 2000 frênes sur l’ensemble des plaines d’Abraham, mais la plupart (80 %) se trouvent le long de la falaise, ce qui pourrait limiter l’impact visuel d’une opération d’abattage à plus grande échelle.

Ainsi, ce sont 412 arbres qui sont menacés dans les aires gazonnées les plus visibles du parc sur un total d’entre 4500 et 5000 arbres, explique le responsable des espaces verts du site, Étienne Casgrain.

« C’est sûr qu’il va y avoir des secteurs où ça va être plus observable », dit-il, en ajoutant que certains facteurs jouent en notre faveur. « On a un certain mélange d’essences et de variétés. Il peut y avoir du tilleul, de l’érable à sucre, de l’érable argenté, de l’orme, des arbustes, donc ça nous aide un peu, dit-il. Ça peut nous aider à amenuiser l’effet visuel quand l’agrile va être passé. On est moins susceptibles d’avoir de grandes surfaces où tous les arbres seront coupés. »

Pas les arbres les plus anciens

Les frênes sont répartis un peu partout sur le site, explique M. Casgrain. On en trouve notamment à proximité du Musée national des beaux-arts, mais il n’y en a pas au parc Jeanne-d’Arc.

Selon M. Casgrain, il ne s’agirait pas des arbres les plus anciens du parc fondé en 1908. Les arbres de plus de 100 ans sont essentiellement des ormes, a-t-il expliqué.

Les frênes des secteurs gazonnés du parc sont toutefois plus à risque que ceux qui se trouvent en secteur dense ou forestier, signale-t-il. « L’agrile va préférer les secteurs gazonnés plus ensoleillés avec des pourtours qui sont plus ouverts. » On peut donc présumer que les frênes les plus visibles des Plaines seront atteints avant les autres.

Rappelons que l’agrile du frêne est un insecte ravageur qui s’immisce entre l’arbre et son écorce et le fait dépérir jusqu’à ce qu’il meure. Des millions d’arbres ont été ainsi contaminés depuis 2002 en Amérique du Nord.

Originaire d’Asie, l’agrile est présent dans la grande région de Montréal depuis 2011 et dans l’Outaouais depuis 2010. On en a aussi découvert des spécimens l’automne dernier à Joliette et à Berthierville.

À 100 mètres de l’autre site contaminé

La découverte de frênes malades sur les Plaines est survenue à peine trois jours après que la Ville de Québec a fait savoir qu’elle avait trouvé des arbres contaminés dans la rue du Parc, dans le quartier Montcalm.

Le lien entre les deux contaminations est difficile à attester, mais les deux sites sont situés à seulement 100 mètres de distance « à vol d’oiseau », signale M. Casgrain.

Étant donné qu’on ne dispose d’aucune manière d’éradiquer l’insecte, tout laisse croire que les frênes des Plaines devront tous être abattus un jour. M. Casgrain espère toutefois prolonger leur durée de vie le plus longtemps possible en recourant à des pièges et à des biopesticides. Deux projets de recherche sont déjà en cours sur le site à cet effet. « On essaie de gagner du temps », dit-il, en ajoutant qu’il espère pouvoir retarder l’abattage des arbres de cinq à dix ans.

La capitale compte 13 000 frênes sur les terrains publics (13 %) et 20 000 sur des terrains privés, particulièrement dans le secteur de Limoilou, où près du cinquième des arbres sont de cette espèce.