Marché public: la requête «ne tient pas debout», dit Labeaume

La Ville de Québec veut déménager le Marché du Vieux-Port près du Centre Vidéotron.
Photo: Vidéotron La Ville de Québec veut déménager le Marché du Vieux-Port près du Centre Vidéotron.

Un avocat de Québec a déposé une demande d’injonction pour empêcher la Ville de Québec de déménager le Marché du Vieux-Port près du Centre Vidéotron. Il allègue que la Ville n’a pas respecté le contrat d’acquisition du site la liant au gouvernement fédéral.

Selon Me François Marchand, les ententes conclues entre la Ville et le gouvernement fédéral ne sont valables qu’à condition que le terrain soit utilisé pour l’aménagement d’un marché public.

Le marché, dont les origines remontent au milieu des années 1980, est situé dans la zone portuaire sur des terrains du fédéral. Ottawa les a cédés officiellement à la Ville pour 1 $ en 2013.

Or la Ville a décidé de déménager le marché près du Centre Vidéotron dans le but d’en faire un grand marché central.

«Dans tout cela, il y a un préjudice qui est énorme», plaide Me Marchand, qui déplore la perte pour les résidants du Vieux-Port de commerces de proximité. À ses yeux, le projet de marché au Centre Vidéotron n’a rien d’un marché central, mais est un véritable «centre commercial».

Spécialiste en droit municipal, M. Marchand est un critique notoire du maire Régis Labeaume. Il avait d’ailleurs tenté en vain de se faire élire à la tête du parti Démocratie Québec (DQ) pour le défaire aux élections.

6 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 19 juin 2017 19 h 24

    Accessibilité

    Avant de se prononcer sur ce déménagement, il faudrait voir combien de gens de tous les niveaux socio-économiques seront desservis par le nouvel emplacement.

    Au cours des deux dernières années, j'ai visité deux fois ce marché, une fois en semaine en fin d'après-midi (une heure d'affluence dans la plupart des marchés) et une autre fois un dimanche midi (une heure de foule intense dans bien des marchés). Au deux occasions, le marché était, à toutes fins pratiques, désert.

    Y étant allé à pieds, j'ai pu constater une chose : l'approche pour les piétons (et les cyclistes) n'est pas très conviviale. Visiblement, c'est un endroit que l'on fréquente en voiture (et les autobus n'y passent pas souvent).

    Le nouvel emplacement sera-t-il plus convivial pour les piétons et cyclistes ? C'est à voir, mais Québec n'est pas une ville piétonne et encore moins cycliste. Et si, de toutes façons, c'est en voiture que la forte majorité des gens se rendent au marché, le nouvel emplacement sera-t-il plus accessible pour les automobilistes ? On a déjà la réponse à cette dernière question : oui !

    Bref, si on avait la réponse à toutes ces questions et qu'on démontrait que déménagé, le marché deviendrait plus accessible à la majorité, il faudrait songer à dire oui au déménagement. Un marché public ne doit pas être le dada d'un quartier riche et cossu. Il doit être accessible à tous, à pieds, en vélo ou avec les transports collectifs. Un marché désert ne profite à personne.

    • Gérald Tapp - Abonné 20 juin 2017 00 h 16

      C'est drôle je vais régulièrement au marché du Vieux-Port le dimanche, et après 10h on se marche littéralement sur les pieds.
      Mais c'est vrai que rien n'est prévu pour rendre l'accès facile aux piétons et aux cyclistes, comme partout dans la ville du tout-à-l'auto d'ailleurs.
      Enfin, les quartiers autour du marché du Vieux-Port, à l'exception sans doute de quelques résidences, n'ont rien de "riche et cossu"...

    • Luc Fortin - Inscrit 20 juin 2017 10 h 36

      C'est comme s'il y avait un clivage dans la ville entre les quartiers centraux et les autres. Chacun demeure campé dans sa position avec ses préjugés sans un débat constructif ni pour l'un ou l'autre des camps.

      C'est ironique qu'avec tant d'outils de communication il soit devenu si pénible d'échanger, car Facebook et Twitter nous isolent dans une bulle qui ne fait qu'amplifier nos préjugés. Après tout, si nous avons des amis c'est que nous partageons de nombreuses valeurs. C'est certain que si on ne sort pas de notre zone de confort et de complaisance nous ne progresserons pas dans notre point de vue.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 21 juin 2017 12 h 05

      @ Luc Fortin J'ai bien aimé votre allusion à Facebook ,Twitter, etc.. (c'est une réalité que plusieurs questionnent) Ces "isoloirs"... du réel versus le virtuel... sont souvent nocifs pour les avancées sociétales.

      Un vrai débat de société ne se résume pas à 140 mots...et ...hop...je change de sujet .

  • Luc Fortin - Inscrit 19 juin 2017 20 h 53

    Lancer la serviette.

    Une fois par année est suffisant pour porter un jugement définitif?

    À combien de mètres du site actuel passe le parcours 800 du Métrobus?

    Le nouveau site sera vraiment plus convivial pour les piétons, allez pendre une marche dans le secteur du Centre Vidéotron lors d'une journée plus vieuse ou lorsqu'il y a de la neige fondante sur le sol.


    Pour vous ce marché était réservé à une clientèle cossu. Il n'y a que des riches qui vivent dans Saint-Jean-Baptiste, Saint-Roch et Limoilou? Ces personnes vont perdrent un service de proximité.

    Pour ce qui est du marché qui est désert, le fait que les marchands est survécu à tant d'années de vache maigre en dit long sur les sophismes qui se cachent derrière votre argumentaire.

    Dans la section commentaires d'un autre article du Devoir, Léonce Naud à cité un document intéressant sur le comportement des politiciens à Québec. En voici un extrait qui illustre ce que génère le genre de disocurs que vous tenez.

    « Ainsi, en moins d’une quinzaine d’années, le territoire de Québec s’est vu complètement transformé, ouvert, décapité, redessiné, démembré et écartelé vers l’horizon... »

  • Luc Fortin - Inscrit 19 juin 2017 23 h 50

    La suite...

    Erratum: Le commentaire de M. Naud concernait un article de Radio-Canada

    Pour lire la suite de ma citation du texte de Jasmin Miville-Allard


    http://consdep.info/publications/lere-lamontagne/

    « Ainsi, en moins d’une quinzaine d’années, le territoire de Québec s’est vu complètement transformé, ouvert, décapité, redessiné, démembré et écartelé vers l’horizon. Cela a changé à jamais la configuration de la ville et la possibilité de pouvoir un jour lui redonner une place de premier plan comme zone structurante de la région. Ce morcellement a mené directement à trois conséquences... »

    Le restant du paragraphe explique assez bien ce que les politiciens ont fait pour favoriser la banlieue au détriment du milieu de vie au centre-ville.

    Le déménagement du marché au profit des propriétaires de voiture est en parfaite continuité avec ça.