Des ex-adéquistes contre Labeaume

Jean-François Gosselin, ancien député de l'Action démocratique du Québec, compte affronter le maire sortant Régis Labeaume aux prochaines élections municipales. 
Photo: Alice Chiche Le Devoir Jean-François Gosselin, ancien député de l'Action démocratique du Québec, compte affronter le maire sortant Régis Labeaume aux prochaines élections municipales. 

Un ancien député de l’Action démocratique du Québec (ADQ), Jean-François Gosselin, a annoncé jeudi qu’il affrontera Régis Labeaume aux prochaines élections, et il est fort possible que d’autres ex-adéquistes se joignent à lui.

« Ça se pourrait, a-t-il déclaré en entrevue au Devoir avec un enthousiasme évident. J’ai gardé de bons contacts avec un paquet de monde, incluant des gens que j’ai côtoyés à l’ADQ. On a les mêmes valeurs, on pense un peu de la même façon. »

Le parti de M. Gosselin — Québec 21 — a été créé par le chroniqueur libertarien de CHOI-FM et professeur de philosophie Frédérick Têtu. Ce dernier est d’ailleurs entré en contact avec Jean-François Gosselin lors d’une fête soulignant les 10 ans de l’ADQ. Le nom du parti fait référence au nombre de districts de la ville et au XXIe siècle.

Âgé de 42 ans, M. Gosselin a été député de l’ADQ dans Jean-Lesage de 2007 à 2008. Son principal modèle de politicien est Mario Dumont. Détenteur d’un MBA, il administre actuellement une entreprise de zoothérapie créée par sa soeur. Ancien joueur de hockey, il est le père de cinq enfants.

Au municipal, l’ex-adéquiste compte surtout défendre la cause des automobilistes. « L’Hôtel de Ville est en guerre contre l’automobile, c’est aussi simple que ça », dit-il. Il veut donc s’assurer qu’on construira un troisième lien entre Québec et la Rive-Sud (pont ou tunnel) et voir à ce que le projet de Service rapide par bus (SRB) soit bien enterré.

Or le projet du SRB a justement été mis de côté, la semaine dernière, par le maire Labeaume. Le maire l’aurait-il pris de court ? « Non », assure M. Gosselin, qui souligne que le maire a aussi demandé que le bureau de projet « reste ouvert » et dit qu’il souhaitait remplacer le SRB par un autre grand projet de transport en commun.

« Il a essayé un peu de sauver son élection et il va faire son SRB s’il est élu le 5 novembre, dit l’aspirant maire. Moi, c’est ce que j’ai compris. »

Investir dans le réseau routier

Le SRB visait à encourager plus de gens à prendre le transport en commun en leur offrant un service plus attractif, notamment entre Québec et Lévis. On souhaitait ainsi réduire la congestion.

Or, pour M. Gosselin, il faut plutôt améliorer le réseau routier pour réduire la congestion. Il juge que les services du Réseau de transport de la capitale (RTC) sont suffisants et ne nécessitent pas de nouveaux investissements, à moins qu’on coupe ailleurs dans le budget du transport en commun.

Même chose pour les pistes cyclables et les mesures destinées au transport actif, comme le programme des rues conviviales aux trottoirs élargis qu’il souhaite abolir. « Il investit dans le réseau pour enlever des stationnements et des voies. Moi, je vais investir, mais pour ajouter des voies et circuler plus librement. »

Ces derniers mois, le mouvement d’opposition au SRB n’a cessé de croître à Québec, en parallèle avec la popularité du projet de troisième lien. Alors que la CAQ pressait le gouvernement d’abandonner le premier projet pour financer le deuxième, la plupart des animateurs-vedettes des radios parlées (Sylvain Bouchard, Éric Duhaime, Dominique Maurais, Nathalie Normandeau etc.) ont défendu cette idée jour après jour sur les ondes.

Interrogé sur le rôle qu’allaient jouer les radios dans sa campagne, Jean-François Gosselin s’est étonné de la question. « Ce sont des médias de Québec. Comme beaucoup d’autres médias écrits ou parlés ou la télévision, j’imagine qu’ils vont suivre la campagne. »

Un ancien libéral et pro-Labeaume

Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que M. Gosselin tente un retour en politique depuis sa défaite en 2008. En 2012, il avait tenté de se faire élire sous la bannière du Parti libéral contre le caquiste Éric Caire. Il disait alors avoir aimé que les libéraux aient tenu tête aux carrés rouges et n’aimait pas le virage pris par l’ADQ avec la CAQ.

Il avait aussi envisagé de se joindre à l’Équipe Labeaume en 2009, mais ça ne s’était pas concrétisé. Il explique aujourd’hui que M. Labeaume l’a ensuite déçu, notamment en défendant le projet de tramway, depuis converti en SRB.

« Il s’est fait élire avec un discours de “Je vais gérer [la ville] comme une entreprise, rigueur budgétaire, services de proximité…” Nous, ce qu’on veut faire, c’est se faire élire avec exactement le même discours. »

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