La Ville de Québec nettoie ses trottoirs avec de l’eau potable

Un employé de la Ville de Québec arrose à grande eau le trottoir de la Grande Allée, près de la porte Saint-Louis, à Québec.
Photo: Marie-Michèle Sioui Le Devoir Un employé de la Ville de Québec arrose à grande eau le trottoir de la Grande Allée, près de la porte Saint-Louis, à Québec.

La Ville de Québec, dont le maire Régis Labeaume s’implique activement pour dénoncer le gaspillage de l’eau, nettoie ses trottoirs en les arrosant avec des tuyaux semblables à ceux qu’utilisent les pompiers.

Lundi matin, à la veille d’une ondée qui devait apporter une dizaine de millimètres de pluie sur la ville, des employés municipaux arrosaient les trottoirs du Vieux-Québec à grande eau pour les nettoyer. Leur tuyau était connecté à une borne-fontaine. Cette dernière contient de l’eau potable, a confirmé la Ville.

La Ville de Québec doit arroser tous ses trottoirs à l’occasion du « grand ménage du printemps », entre avril en juin, a expliqué le porte-parole David O’Brien. On utilise de l’eau potable, a-t-il dit, parce que « ce serait contreproductif de faire des kilomètres et des kilomètres pour devoir se ravitailler en eau brute ». « Sur le plan opérationnel, c’est très compliqué », a-t-il fait valoir.

L’utilisation du tuyau reste une exception, parce que, dans la majorité des cas, les trottoirs sont arrosés en même temps que la rue par des camions dégageant des jets à haute pression, a-t-il dit.

Plus tôt lundi, le porte-parole avait répondu à une question sur le recours à un tuyau d’arrosage en déclarant que « toutes les autres villes le font ». David O’Brien a aussi fait référence à une rubrique « Vrai ou Faux ? » publiée sur le site de la Ville de Montréal. On y explique ainsi que « la pluie ne réussit pas à enlever les saletés accumulées le long des bordures de trottoirs » et qu’il « est nécessaire d’utiliser les arroseuses de rues, qui ont des jets sous pression et dirigeables ».

Une méthode unique ?

Vérification faite, la Ville de Montréal n’utilise pas de tuyaux d’arrosage pour nettoyer ses trottoirs. Elle a plutôt recours à des arroseuses de rue, munies de brosses. « Même les rues pavées sont assez résistantes, alors ils [les employés de la Ville] prennent le balai mécanique », a confirmé la porte-parole Geneviève Dubé.

À Trois-Rivières, une méthode de récupération de l’eau de pluie a été développée. « On utilise des balais mécaniques pourvus d’un peu d’eau de pluie qu’on va puiser dans des réservoirs situés sur les toits de nos bâtiments », a expliqué le porte-parole Yvan Toutant. « Quand les réservoirs sont vides, on va s’approvisionner dans la rivière-Saint-Maurice, avec de l’eau non potable. »

La Ville de Québec s’est dotée d’une politique de l’eau en 2010. Elle s’est alors engagée à utiliser de l’eau brute, et non de l’eau traitée, le plus souvent possible. À l’époque, le maire Labeaume avait dénoncé le gaspillage. « J’ai encore vu un gars qui nettoyait son driveway avec une machine à pression », avait-il déclaré.

Plusieurs villes, plusieurs règlements

Plusieurs villes encadrent l’arrosage de surfaces asphaltées par règlement. Québec autorise « le nettoyage d’un stationnement et de son allée d’accès », mais seulement avec un « boyau muni d’un pistolet d’arrosage à fermeture automatique » et dans des circonstances précises.

À Montréal, « le lavage au moyen d’un boyau d’arrosage des entrées de véhicules et surfaces pavées, des trottoirs, des patios ou des murs extérieurs d’un bâtiment est permis entre le 1er avril et le 15 mai de chaque année ou lors de travaux de peinture, de construction, de rénovation d’aménagement paysager le justifiant ou lorsque la présence de résidus pose un problème de salubrité ».

La Ville de Laval interdit complètement le nettoyage des aires de stationnement et des trottoirs avec un tuyau d’arrosage entre le 15 mai et le 15 septembre. Les contrevenants sont passibles d’une amende variant de 100 à 1000 $.

2 commentaires
  • Anne-Louise Genest - Abonnée 11 avril 2017 11 h 40

    Contre-productif, le bon sens?

    Merci de cet exercice journalistique qui permet de voir les bonnes idées ailleurs que dans notre belle ville de Québec, qui gaspille toujours autant l'eau potable, dans les faits.
    Le printemps étant une saison courte, il ne serait pas si onéreux que ça de laver les rues avec une eau brute ou une eau de pluie. Le reste de l'année, un abat-poussière à la lignine fait tout à fait l'affaire.
    Alors: quand est-ce qu'on fait triompher le bon sens dont se réclame souvent M. le maire? Quand l'eau du lac St-Charles, source unique pour Québec, sera protégée adéquatement, je le crains.

  • Jean-Daniel Bourgault - Abonné 11 avril 2017 17 h 45

    Réfléchissons globalement avant de pointer du doigt

    Sil faut que les camions (diesel) parcourent sw 3 à 5 kilomètres pour rcupérer des eaux brutes, le gain environnemental sera nul car ce sont des gaz à effet de serres qui seront émis et du temps gaspillé à un taux horaire bien joyeusement payé par les contribuables qui sera gaspillé. En avril et mai, la ville de Québec n,est absolument pas en situation de sécheresse, bien au contraire, et l'eau qui en serait pas "consommé" irait tout bonnement au fleuve. Au coût très bas de traitement, le choix des ingénieurs de la ville est de loin le meilleur et financièrement et environnementalement.