L’architecture au coeur d’une vaste «conversation publique» à Québec

D'ici le 1er juin, des citoyens de 13 villes seront consultés dans le cadre d'une vaste «conversation publique».
Photo: Olivier Blouin D'ici le 1er juin, des citoyens de 13 villes seront consultés dans le cadre d'une vaste «conversation publique».

L’idée de doter la province d’une politique nationale de l’architecture n’est pas morte dans l’oeuf.

Afin de la remettre à l’ordre du jour, une vaste « conversation publique » s’amorcera dès mardi prochain dans la Vieille Capitale.

C’est l’Ordre des architectes du Québec (OAQ) qui est à l’origine de cette démarche devant se poursuivre jusqu’au 1er juin.

D’ici là, des citoyens de 13 villes auront été consultés. Les populations de Québec, de Rouyn-Noranda, de Saguenay, de Rimouski, de Sherbrooke, de Longueuil, de Drummondville, de Saint-Jérôme, de Laval, de Gatineau, de Joliette, de Trois-Rivières et de Montréal seront successivement invitées à s’exprimer.

Pour encadrer les échanges, quelques thématiques ont déjà été choisies par l’OAQ. Ainsi, les participants à l’exercice pourront notamment expliquer en quoi l’architecture influe sur leur vie quotidienne, ils auront aussi la possibilité de dire ce qui leur plaît dans les édifices et les lieux publics de leur voisinage ou encore de dire comment il faudrait s’y prendre pour sauvegarder le patrimoine bâti.

Lors d’une récente entrevue avec La Presse canadienne, la présidente de l’Ordre des architectes du Québec, Nathalie Dion, a résumé à quoi serviront les renseignements récoltés par son organisation.

« Quand on aura terminé la tournée, on va colliger les informations et faire un bilan […]. On veut s’en servir pour déposer un mémoire auprès du gouvernement demandant la création d’une politique » nationale sur l’architecture, a-t-elle mentionné.

Mme Dion a ajouté que son organisation est bien consciente qu’un tel projet ne peut pas se réaliser en criant « lapin ».

« On sait que l’adoption d’une politique, ça ne se fait pas sur le coin d’une table. Ça prend un travail de fond […]. Ça fait quand même trois ans qu’on a démarré [le projet] », a-t-elle souligné.

Nathalie Dion a, cependant, soutenu que le jeu en vaudrait assurément la chandelle.

« Ça permettrait de doter l’État d’une vision commune de l’architecture […], d’harmoniser les règles, les règlements, ce qui ferait en sorte que les bâtiments répondraient durablement aux défis d’aujourd’hui et de demain. On peut parler des changements climatiques, du vieillissement de la population, de la cohésion des communautés et de la préservation du patrimoine », a-t-elle plaidé.