L’élargissement partiel de l’autoroute Laurentienne se fera en 2018

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le maire de Québec, Régis Labeaume

L’élargissement des autoroutes et la création de voies réservées demeurent des sujets bien délicats dans la capitale. Lundi, l’annonce des travaux d’élargissement de l’autoroute Laurentienne a de nouveau mis en évidence les vives tensions entre le ministère des Transports et le maire de Québec, Régis Labeaume.

Le ministre des Transports, Laurent Lessard, avait convoqué les médias sur le bord de l’autoroute pour annoncer qu’elle serait élargie sur 4,5 kilomètres entre le boulevard Louis XIV et la rue de la Faune. L’autoroute Laurentienne relie le quartier Saint-Roch à Charlesbourg, Stoneham et ainsi de suite jusqu’au parc des Laurentides. Ce projet estimé entre 10 et 25 millions doit permettre de réduire la congestion le matin en direction du centre-ville.

C’est la troisième mouture du projet à avoir été présentée, les deux autres ayant été rejetées par le maire de Québec, Régis Labeaume, forçant le gouvernement à reculer. Puis, en juillet, M. Labeaume avait soumis au gouvernement un projet de 70 millions pour élargir l’autoroute à différents endroits dans les deux directions.

Sans endosser le plan du maire, le ministre Lessard a tout de même annoncé lundi la création d’un bureau de projet pour les investissements dans d’autres tronçons et évoqué des investissements futurs de plus de 100 millions.

À côté des élus libéraux tout sourire, M. Labeaume affichait malgré tout une mine assez renfrognée pour que tous la remarquent lors de l’annonce. À peine une heure avant l’événement, il laissait planer le mystère sur sa présence.

À un journaliste qui lui demandait s’il avait obtenu des garanties à la dernière minute, il a rétorqué du bout des lèvres qu’il « manquait de détails » dans l’annonce prévue à l’origine. « Au printemps, on va savoir où on s’en va avec un échéancier pour l’élargissement au complet », a-t-il dit.

Le ministre Lessard a reconnu que le maire leur avait demandé de « préciser » et que le projet était désormais clair. Concernant les tensions dans le dossier, il a ajouté qu’il « aimait travailler avec le maire de Québec » et que c’était une « personne ambitieuse ». « Des fois, il nous parle un peu dur en nous disant“démêlez-vous, puis après ça, vous m’inviterez”. Alors, on s’est démêlés, puis on l’a invité. »

L’essentiel des travaux sera réalisé durant l’été 2018 avec des travaux préparatoires à l’été 2017.

Pas de voies réservées

À l’origine, la nouvelle voie d’autoroute devait être réservée au transport en commun, ce qui n’est plus le cas dans la version dévoilée lundi.

Depuis le début, le maire s’opposait à cette voie réservée, faisant valoir que le nombre d’autobus circulant à cette hauteur ne le justifiait pas (14 autobus dans ce tronçon le matin).

Interrogé sur ce recul, le ministre Lessard a souligné qu’il n’y avait pas de voie réservée dans l’autre direction de toute façon. « Il n’y aura pas plus de voies réservées d’un bord que de l’autre », a-t-il dit.

« On nous a demandé de clarifier notre position, de la soutenir et de la défendre, c’est ce qu’on fait aujourd’hui. »

Or pour certains groupes soucieux de l’environnement, il s’agit d’un important recul. « On reconduit sans cesse les mêmes conditions qui nous amènent à davantage d’étalement urbain », a déploré Étienne Grandmont d’Accès transports viables. Quant à savoir s’il aurait été justifié d’avoir une voie réservée dans ce secteur malgré le faible nombre de bus, il rétorque que « c’est l’oeuf ou la poule ». « Tu mets des infrastructures en place, ils vont finir par arriver. » Le problème, dit-il, est qu’il n’y aura jamais de voie réservée à cet endroit parce qu’il ne sera pas possible de « revenir en arrière ».

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 21 février 2017 08 h 48

    On est tous unis contre les gaz à effet de serre

    mais on veut tous une autoroute pour notre coin.

  • René Pigeon - Abonné 21 février 2017 13 h 04

    La CDPQ ne pourra pas rentabiliser un transport collectif dans l'axe nord-sud.

    si le PLQ élargit cette autoroute, qui vise à récolter des votes en banlieue.